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LIGE, adj. et subst. masc.
I. − Adjectif.
A. − MOY. ÂGE. [En parlant d'un vassal tenant un certain type de fief] Qui est lié plus étroitement que d'autres envers son suzerain. Car une des clauses qui les choquait le plus, c'était de jurer qu'ils se regarderaient comme sujets et hommes liges du Roi de France et d'Angleterre (Barante, Hist. ducs de Bourg., t. 4, 1824, p. 360).
Rem. 1. Homme-lige apparaît fréquemment sous forme de mot composé. Bertrand resta seul maître du comté, lui qui s'était reconnu l'homme-lige du roi (Grousset, Croisades, 1939, p. 86). 2. Claudel emploie lige subst. dans le sens de « Seigneur »; Besch. 1845 est le seul dict. à signaler ce sens de ,,Seigneur lige. Seigneur dont on relève immédiatement``. Les temps de la foi sont finis, foi en Dieu, foi du vassal en son lige (Claudel, Otage, 1911, I, 2, p. 245).
[P. méton., en parlant d'un fief, d'un héritage] Qui est possédé sous la charge de l'hommage-lige (hommage précisant les obligations du vassal). Là, suivant les rites féodaux, agenouillé devant l'empereur, [Raymond] « lui fit hommage lige de ses mains » (Grousset, Croisades,1939, p. 154:
1. Le drap mortuaire qui servait à l'enterrement d'un monarque très chrétien, était envoyé au tombeau de Charlemagne, comme un drapeau-lige au fief dominant. Chateaubr., Mém., t. 1, 1848, p. 393.
B. − P. anal. [Dans l'expr. homme-lige] Personne qui est inconditionnellement dévouée à quelqu'un ou à quelque chose :
2. Je la tenais pour ce qu'elle était : une semblable un peu plus jeune que moi; elle me savait gré de mon estime et y répondait par une absolue dévotion, elle était mon homme lige, mon second, mon double : nous ne pouvions pas nous passer l'une de l'autre. Beauvoir, Mém. j. fille,1958, p. 45.
P. plaisant. Il nous conte sur Montégut, qu'il a beaucoup connu, sur ce littérateur-lige de la Revue des Deux Mondes (Goncourt, Journal,1863, p. 1243).
II. − Subst. masc., vx. ,,Redevance due pour une terre possédée sous la charge de l'hommage lige; et aussi ce qui appartenait sans réserve en toute propriété`` (Guérin 1892).
Prononc. et Orth. : [li:ʒ]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. Ca 1100 lige seignurs féod. (Roland, éd. J. Bédier, 2421); 2. a) 1165-70 home lige féod. (Chrétien de Troyes, Erec et Enide, éd. M. Roques, 3846); b) ca 1225 « fidèle » (Comte de Poitiers, éd. B. Malmberg, 425 : Nostre Dame ... A cui je suis ancele lige); c) 1837 homme lige « homme entièrement dévoué à (une personne, un parti) » (Balzac, C. Birotteau, p. 154); 3. ca 1200 lige homage (Châtelain de Couci, Chansons, éd. A. Lerond, III, 6 : Cele qui j'ai fait de cuer lige homage). D'un b. lat. *laeticus, *līticus, dér. de letus, litus (attestés tous deux dans la Loi Salique), d'orig. frq., et désignant des individus appartenant à une classe intermédiaire entre celle des hommes libres et celle des serfs (v. Nierm., s.v. litus). Le b. lat. connaissait déjà un terme laetus, empr. au germ., et désignant des colons germaniques établis en Gaule avant les invasions franques, qui étaient également de condition semi-libre. V. Bl.-W.2-5; FEW t. 16, pp. 463-464. Fréq. abs. littér. : 17.