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DIPHTONGUE, subst. fém.
LING. Voyelle qui, au cours de sa tenue (ou émission), subit une variation de timbre et qui, de ce fait, peut être considérée comme la fusion en une seule syllabe de deux éléments vocaliques perçus comme différents, successifs, et dont l'un est plus fermé que l'autre. Réduction d'une diphtongue (Rob.).Une diphtongue est un chaînon implosif de deux phonèmes dont le second est relativement ouvert (Saussure, Ling. gén.,1916, p. 92):
... rien n'altère autant les qualités matérielles de la voix que de contenir de la pensée : la sonorité des diphtongues, l'énergie des labiales en sont influencées. Proust, À l'ombre des jeunes filles en fleurs,1918, p. 549.
Diphtongue ascendante, croissante; diphtongue faible ou fausse diphtongue. Diphtongue dans laquelle l'élément consonantique est le premier.
Diphtongue décroissante, descendante. Diphtongue où la semi-consonne est le second élément.
Diphtongue indécise, égale ou à aperture égale. Diphtongue où les deux éléments ont une qualité vocalique presque identique.
Diphtongue mouillée. Diphtongue dans laquelle la lettre i figure le premier son.
Rem. L'hiatus (ex. chaos) ne saurait être assimilé à une diphtongue.
P. ext.
Syllabe. Coutances, cathédrale normande, que sa diphtongue finale, grasse et jaunissante, couronne par une tour de beurre (Proust, Swann,1918, p. 389).
[D'un point de vue graph.] Fausse diphtongue. ,,En français, les groupes de voyelles au, eu, ou, correspondent à des phonèmes simples /o/, /ö/, /u/`` (Mounin 1974). Les rudiments de la grammaire semblaient partout noyés dans l'amusette, comme les diphtongues dans les gravures d'un abécédaire illustré (Estaunié, Empreinte,1896, p. 82).
Rem. On rencontre ds la docum. l'adj. dipht(h)ongal, ale, aux. a) Qui forme diphtongue. Syllabes dipht(h)ongales (Lar. 19e20e). b) Qui est riche en diphtongues, qui les affectionne. Les langues diphtongales diphthonguifient la plupart des voyelles qui se trouvent dans les mots qu'elles s'approprient (G. Fallot ds Lar. 19e, s.v. diphthonguifier).
Prononc. et Orth. : [diftɔ ̃:g]. Ds Ac. 1694 puis Ac. 1878-1932 sous la forme mod. Ds Ac. 1718, 1740, 1762 et 1835, s.v. diphthongue d'apr. le grec (cf. aussi pour ce mot et ceux de la même famille, Besch. 1845, Lar. 19e, Littré et DG). Ac. 1798 admet les 2 façons d'écrire. Étymol. et Hist. Ca 1223 ditonge (G. de Coincy, Miracles ND, éd. F. Koenig, II Mir. 13, 666); 1remoitié xives. diptongue (Gloss. Abavus, ms. Vatican 2748 ds Roques t. 1, p. 146, 2141); 1548 diphtonge (A. Sébillet, Art poétique, I, 6 ds Hug.). Empr. au terme de gramm. de lat. impérialdiphtongos, ou diphtongus, lui-même empr. au gr. δ ι ́ φ θ ο γ γ ο ς « son double ». Fréq. abs. littér. : 23. Bbg. Bastin (J.). Accent aigu et rem. Sur les accents. In : Nouv. glanures gramm. Riga, 1907, p. 11. − Cohen 1946, pp. 15-16. − Laurent (P.). Contribution à l'hist. du lex. fr. Romania. 1925, t. 51, p. 38. − Niedermann (M.). Vox rom. 1953/54, t. 13, p. 105-107.