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BOURRAGE, subst. masc.
A.− Action de bourrer; matière bourrée. Poupée à bourrage souple.
Emplois spéc.
1. BRODERIE. Points de bâti exécutés sur le dessin avant la broderie pour lui donner du relief. ,,Avant d'exécuter le point de feston, il faut procéder au bourrage pour donner plus de relief au travail. Suivez les contours du dessin avec des points devant, et remplissez intérieurement à l'aide de points de chaînette ou de points de tige assez allongés`` (Lar. mén.1926, s.v. broderie)
2. CH. DE FER. Bourrage des traverses. Action de bourrer le ballast sous les traverses pour les fixer solidement (cf. Ch. Bricka, Cours de ch. de fer, t. 1, 1894, p. 60).
3. CIN. ,,Accumulation anormale de pellicule dans la camera, empêchant la prise de vues`` (Voyenne 1967).
4. CONSTR. Action de remplir les vides d'un ouvrage de maçonnerie avec de menus matériaux noyés dans le mortier. Le remplissage et le bourrage des joints (E. Degrand, J. Résal, Ponts en maçonn.,t. 1, 1887, pp. 25-26).
5. ÉLECTR. Bourrage d'un câble. ,,Ensemble des éléments remplissant les interstices entre les différents conducteurs de certains câbles`` (Lar. encyclop.).
6. MINES. Action de boucher la chambre d'un fourneau de mines pour augmenter les effets de l'explosion et éviter la propagation de gaz inflammables. Bourrage à l'eau (employé lorsque la pente est forte et avec certains explosifs); bourrage au sable, à l'argile humide (L. Vennin, G. Chesneau, Les Poudres et explosifs,1914, p. 466).
7. TECHNOL. Bourrage d'un outil, d'une machine. Engorgement (cf. bourrer II B ) (et cf. G. Passelègue, Les Machines agricoles, 1930, p. 24).
B.− Au fig., arg., fam.
1. Arg. scol. Acquisition accélérée d'un nombre maximum de connaissances, généralement en vue d'un examen ou d'un concours. L'Université, le bourrage en vase clos (A. Arnoux, Algorithme,1948, p. 95).
2. Surtout dans l'expr. bourrage de crâne. Présentation sous un jour faussement favorable d'une situation compromise; mensonges, bobards :
1. Le bourrage de crâne est un mot vide de sens. Eût-on dit aux Français qu'ils allaient être battus qu'aucun Français ne se fût plus désespéré que si on lui avait dit qu'il allait être tué par les berthas. Le véritable bourrage de crâne, on se le fait à soi-même par l'espérance, qui est une figure de l'instinct de conservation d'une nation, si l'on est vraiment membre vivant de cette nation. Proust, Le Temps retrouvé,1922, p. 773.
2. Écœurés par le « bourrage de crâne » auquel on les avait soumis pendant la guerre, ils réclamaient le droit de regarder les choses en face et de les appeler par leur nom; ... S. de Beauvoir, Mémoires d'une jeune fille rangée,1958, p. 193.
Prononc. : [buʀa:ʒ].
Étymol. ET HIST. − 1465 bourraiges (Compl. de l'ausmon. de S. Berthomé, fo121 ro, Bibl. de la Rochelle dans Gdf. Compl.); attest. isolée; repris au même sens dep. Ac. Compl. 1842; 1838 milit. (mines) (Ac. Compl. 1842); 1866 bât. (Journ. des Débats, 2 oct. dans Littré); 1916 arg. bourrage de crâne (Barbusse, Le Feu, p. 311). Dér. de bourrer*; suff. -age*; le m. fr. bourrage (1465) est dér. de bourre*.
STAT. − Fréq. abs. littér. : 20.
BBG. − Clément (R.). Suite des termes ou expr. à substituer à des mots étr. ou barbares. Déf. Lang. fr. 1970, no55, p. 36. − Rigaud (A.). Être à la bourre. Vie Lang. 1969, p. 654.