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PORTE1, subst. fém.
Étymol. et Hist. A. 1. Fin xes. « ouverture pratiquée dans les murs d'une ville pour y entrer et sortir » porta de la ciptat (Passion, éd. D'Arco Silvio Avalle, 266); 1100 porte (Roland, éd. J. Bédier, 3650); 2. ca 1170 « porte d'un château » (Chrétien de Troyes, Erec et Enide, éd. M. Roques, 347); 3. 1658 « nom gardé par un lieu à la périphérie d'une ville » la porte Saint-Antoine (Les Lois de la galanterie, p. 78 ds Lexique de Molière, éd. E. Despois, II, 104, note 4). B. 1. Ca 1100 « ouverture faite pour entrer dans un lieu fermé » [ici le paradis] (Roland, 2258); 1176-81 porte d'une meison (Chrétien de Troyes, Chevalier au Lyon, éd. M. Roques, 4656); d'où en partic. a) α) fin xives. fausse porte (Jean Froissart, Chroniques, éd. S. Luce, t. 8, p. 69); fig. 1588 (Montaigne, Essais, III, 5, éd. P. Villey et V.-L. Saulnier, 867 : qui nous conduit à la verité par une fauce porte); β) 1577 porte secrete (R. Belleau, Œuvres, I, 86 ds IGLF); γ) 1588 porte de devant, de derrière (B. Palissy, Disc. admir., 279, ibid.); b) loc. α) 1480 de porte en porte « de maison à maison » (Mistere Viel Testament, XXIX, 25691, III, 364, ibid.); 1694 à la porte de « tout près de » (Ac.); d'où id. porte à porte (ibid.); β) 1548 entre deux portes (N. Du Fail, Baliverneries, 145 ds IGLF); γ) 1675, 28 août rentrer par une autre porte « avoir recours à un autre moyen » (Mmede Sévigné, Corresp., éd. La Pléiade, II, 82); δ) 1690 mettre qqn à la porte « congédier » (Fur.); c) fig. 1604 (Montchrestien, Les Lacenes, p. 180 ds IGLF : La vie n'a qu'une porte et mille la mort); d) 1694 « ce qui permet d'entrer dans un pays » (Ac.); 2. a) 1155 « panneau qui permet la fermeture d'un passage » (Wace, Brut, éd. I. Arnold, 3209); 1555 porte de lict (Mobilier fourbisseur Lyon, 8 ds IGLF); 1608 porte à deux battants (Nicot); 1636 porte brisee « porte dont une moitié se brise et se replie sur l'autre, dans le sens de la hauteur » (Monet); 1676 porte fenestre (Félibien, p. 706); 1701 porte vitrée « porte partagée par des croisillons de petit bois remplis par des carreaux de verre » (Fur.); 1749 porte batante « châssis couvert d'étoffe qui se referme de lui-même devant la porte d'une pièce pour y amortir le bruit » (Mém. Soc. Hist. Paris et Isle de France, 1899, p. 40); b) technol. α) 1580 en parlant d'un four (B. Palissy, op. cit., p. 237 ds IGLF); β) id. porte du canal (Id., ibid., p. 196); γ) 1688 porte d'un carosse (Rich. t. 2); c) loc. α) 1568 fig. ouvrir la porte à (la tristesse) (R. Garnier, Porcie, 1848, I, 73 ds IGLF); 1611 ouvrir la porte à « faciliter » (N. Pasquier, Le Gentilh., p. 171 ds Gdf. Compl.); β) 1573 forcer la porte de qqn (R. Garnier, Hippolyte, 575 ds IGLF); γ) 1583 fermer la porte à (tous les maux) (Id., Les Juifves, 237, III, 108, ibid.); 1690 fermer la porte à qqn « ne pas vouloir l'admettre chez soi » (Fur.); 1694 frapper à toutes les portes (Ac.); 1727 écouter aux portes (Boissy, Français à Londres, p. 36); 3. 1538 Porte « cour de l'empereur des Turcs » (Est.); d'où 1681 « cour orientale en général » (Bossuet, Hist., III, 5 ds Littré). C. 1. 1572 « petit anneau ou l'on fait entrer le crochet d'une agrafe » (Revue des soc. savantes, t. VII, 1874, 561 ds IGLF); 2. géogr. a) 1688 « nom de certains défilés (en Asie Mineure, sur les Balkans) » (Rich. t. 2); b) 1752 « col des Pyrénées » (Trév.); 3. 1869 portes du lait « ouvertures par lesquelles les veines mammaires de la vache pénètrent dans les parois de la poitrine » (Littré); 4. 1937, 16 févr. sports « espace compris entre deux piquets et où le skieur doit passer » (L'Auto ds Petiot 1982). Du lat. porta propr. « passage » (cf. portus > port1* et ici le sens C 1), spécialisé dans le sens de « porte d'une ville », c'est-à-dire « passage sous le rempart », p. oppos. à fores « porte de la maison »; mais cette distinction ne s'est pas maintenue, et porta, double de ostium « porte de maison » (v. huis), avec le sens gén. de « porte » a éliminé fores dans les lang. rom. (Ern.-Meillet); porte, à son tour, a éliminé huis au cours du Moy. Âge.