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PERDU, -UE, part. passé et adj.
Étymol. et Hist. A. 1. a) Ca 980 « (d'une personne) qui est menacé dans sa vie physique ou morale » (Jonas, éd. G. de Poerck, verso 18, p. 44, ligne 82; v. aussi perdre); b) 1538 « gravement atteint dans sa situation, sa prospérité » (Est.); 1559 perdude « dans une situation désespérée du fait de » (Amyot, Timol., 4 ds Littré); c) 1538 « gravement atteint dans son honorabilité » (Est.); en partic. 1606 une femme perdue (Nicot); 2. a) ca 1260 « (d'un inanimé) mal employé ou employé sans profit; inutile » ce seroit painne perdue (Menestrel de Reims, éd. N. de Wailly, § 84, p. 45); 1645 bontés perdues (Corneille, Théodore, IV, 3); 1671 moments perdus « moments de loisirs d'une personne ordinairement fort occupée » (Mmede Sévigné, Lettres, 3 mars, éd. M. Monmerqué, t. II, p. 90); b) av. 1654 « voué de façon certaine à la ruine, à l'échec » il n'y a rien de perdu jusqu'ici « il est encore possible de rétablir la situation » (Balz., liv. III, lett., 4 ds Littré); 1673 tout est perdu (Racine, Mithridate, IV, 7); c) 1688 mettre son bien à fonds perdu « le mettre en viager » (Mmede Sévigné, Corresp., éd. R. Duchêne, III, p. 402); 1794 placer une somme d'argent à fonds perdu (Chamfort, Caract. et anecd., p. 129); d) 1823 « qui est à jamais gâté, détérioré » livres [...] égarés, gaspillés, gâtés et perdus (Las Cases, Mémor. Ste-Hélène, t. 1, p. 514). B. 1. Ca 1260 « (d'un bien matériel ou moral) dont on est privé définitivement » (Menestrel de Reims, § 341, p. 177); 2. 4equart xives. « situé à l'écart, peu fréquenté » par chemins perdus (Froissart, Chron., éd. L. Murot, XII, 26); 3. 1559 « qui échappe à toute direction, à tout contrôle » [construction, ouvrage] à pierre perdue (Amyot, Cimon, 24 ds Littré); 1616 [éd.] tirer à coups perdus (Aub., Hist., II, 41, ibid.); 4. 1660 « (lutte, compétition) où on a le dessous » bataille perdue (Corneille, Toison d'Or, I, 1); 5. av. 1782 « qui a été égaré, qu'on ne peut retrouver » livre [...] perdu (D'Alembert, Eloges, Sacy ds Littré). C. 1. 1352 « qui s'est égaré de sa route » en partic. « damné » (Un prevost que Notre Dame delivra, Serventois, 48 ds Mir. N.-D., éd. G. Paris et U. Robert, t. II, p. 277); 1683 brebis perdue « chrétien qui s'est écarté du droit chemin » (Bossuet, Oraison funèbre de Marie Thérèse d'Autriche, éd. J. Truchet, p. 219); 2. a) 1676 peint. contours [...] perdus ou noyez (Félibien, p. 686); b) 1691 archit. pierres perdües (D'Aviler, Cours d'archit., Paris, N. Langlois, 2epart., p. 749); c) 1723 plus gén. « (d'une personne) qui se fond dans un ensemble au point de ne plus être perceptible » perdu dans la foule obscure (J. B. Rouss., Odes, IV, 7 ds Littré); 3. a) av. 1755 « absorbé dans ses pensées au point de n'être sensible à rien d'autre » perdues dans la douleur (Montesq., Lys., ibid.); b) 1744 « désemparé, désorienté, dont l'esprit est troublé, égaré » (Duclos, Acajou et Zirphile, p. 73). Part. passé adj. et subst. de perdre*.