× Annonce

Chers usagers du portail lexical du CNRTL,

Après vingt ans de bons et loyaux services, la version actuelle du portail sera prochainement remplacée par une nouvelle version au 1er septembre 2026. Celle-ci apporte une refonte complète de l'interface adaptée à tous les supports (ordinateurs, tablettes, smartphones) et inclut également de nouvelles ressources.

Vous pouvez tester la nouvelle version ici : Portail lexical

En vous remerciant,

L'équipe du CNRTL
Police de caractères:

Surligner les objets textuels
Colorer les objets :
 
 
 
 
 
 

Entrez une forme

notices corrigéescatégorie :
PERDRE, verbe trans.
Étymol. et Hist. I. Trans. et intrans. A. 1. Fin ixes. trans. « être privé d'une partie de soi-même, d'une faculté ou d'une qualité propre à la personne » (Eulalie, 17 ds Henry Chrestomathie t. 1, p. 3 : qu'elle perdesse sa uirginitet); ca 1100 perdre le sens « perdre la raison » (Roland, éd. J. Bédier, 305); 2. a) 2emoitié xes. trans. « être privé de la jouissance d'un avantage ou d'un bien » (St Léger, éd. J. Linskill, 161); b) ca 1100 id. « cesser d'avoir un avantage, une supériorité » (Roland, 1090); ca 1770 perdre du terrein ici fig. (J.-J. Rousseau, Confessions, IX ds Œuvres compl., éd. B. Gagnebin, R. Osmont, M. Raymond, t. I, p. 420); c) 1130 intrans. « ne pas obtenir le gain, le profit escompté » estre perdant (Lois Guillaume, éd. Matzke, 38); en partic. 1269-78 trans. « subir une perte d'argent » (Jean de Meun, Rose, éd. Lecoy, 9049); 1288 un perdant part. prés. subst. « celui qui perd au jeu, dans une compétition » (Jean de Journy, Dîme de pénitence, éd. Breymann, 2630); 1680 intrans. « être privé d'une satisfaction qu'on aurait pu avoir » (Mmede Sévigné, Corresp., éd. R. Duchêne, II, p. 840); 3. a) ca 1050 « être privé de quelqu'un par la mort » (Alexis, éd. Chr. Storey, 106); b) mil. xiies. « être privé de la présence, de l'amitié de quelqu'un » (Épître de St Etienne, 54 ds Alt. fr. Übungsbuch, éd. W. Foerster et E. Koschwitz, p. 172); 4. a) ca 1165 trans. « cesser de percevoir par les sens, d'appréhender par la pensée, de maintenir un rapport avec quelqu'un ou quelque chose » perdre terre « perdre de vue la terre » (Benoît de Ste-Maure, Troie, éd. L. Constans, 5067; ca 1220 perdre le voie (Huon de Bordeaux, éd. P. Ruelle, 5570); b) 1538 perdre de vue (Est.); ca 1660 fig. (Bossuet, Préf. instr. past. de Cambrai, 6 ds Littré, s.v. vue); 5. a) 1678 intrans. « (d'un inanimé) diminuer de valeur, de qualité » perdre de son prix (La Fontaine, Fables, XI, IV, 36 ds Œuvres, éd. H. Régnier, III, p. 122); en partic. 1859 mar. la mer Perd [...] les marées Perdent (Bonn.-Paris); 1797 « laisser échapper son contenu, fuir » (Voy. La Pérouse, t. 4, p. 27 : le fond perd rapidement et n'est réellement vivable que dans un petit espace); b) 1797 trans. « (d'un inanimé) cesser d'avoir un élément, un caractère [...] qui lui est inhérent » (ibid., t. 3, p. 182 : conserver sa robe qui perdit bientôt tout son éclat). B. 1. Ca 980 trans. « pervertir, corrompre quelqu'un » (Jonas, éd. G. de Poerck, verso 18, p. 44, ligne 173); en partic. 1190 s'ame pert (Renart, éd. M. Roques, br. VIII, 8063); 2. a) ca 1100 id. « gâcher, gaspiller quelque chose par le mauvais usage qu'on en fait » (Roland, 1054); en partic. ca 1200 en rapport avec le temps (Jean Bodel, Saxons, éd. F. Menzel et E. Stengel, 586); b) 1690 id. « endommager quelque chose d'une manière irréparable » (Fur.); en partic. 1694 la nielle a perdu les bleds (Ac.); 3. a) 1546 id. « conduire quelqu'un à sa perte » (La Bible, s.l., impr. J. Gérard, Deuter., IX, fo69 : il les destruira [...] et les dechassera et perdra); en partic. 1642 « faire périr, tuer quelqu'un » (Corneille, Pompée, II, 4); b) 1651 id. « perdre une personne auprès de quelqu'un » (Id., Nicomède, IV, 2); 4. 1680 id. « égarer volontairement quelqu'un » (Rich.). II. Pronom. A. 1. a) Ca 1170 « causer sa propre ruine » (Marie de France, Lais, éd. J. Rychner, Bisclavret, 56); b) ca 1500 « causer sa propre mort » (Philippe de Commynes, Mém., éd. J. Calmette, I, p. 34); 2. xiiies. [ms.] « sortir, s'écarter du bon chemin » en la forest se perdirent (Chrétien de Troyes, Perceval, 42988 ds T.-L.); 3. 1546 « avoir du mal à se retrouver, à se reconnaître dans une chose complexe » (Rabelais, Tiers Livre, éd. M. A. Screech, IV, p. 51, ligne 103); d'où 1698 je m'y perds (Bossuet, Lett. quiét., 404 ds Littré); 1810 se perdre en conjectures (Staël, Allemagne, t. 5, p. 67); 4. 1694 théol. « s'unir à la divinité par la contemplation » se perdre en Dieu (Bossuet, Rép. aux diff. de Mmede la Maisonfort ds Littré). B. 1. Ca 1350 « cesser d'être pratiqué » ici en parlant d'un métier (Gilles Le Muisis, Li Estas des princes et des nobles ds Poésies, éd. Kervyn de Lettenhove, I, 292); 2. ca 1500 « cesser d'exister, se terminer, finir » (Philippe de Commynes, op. cit., II, p. 14); en partic. 1606 « (en parlant d'un navire) faire naufrage » (Nicot); 3. a) 1538 « (d'une rivière) disparaître dans la terre » (Est.); b) 1636 « (d'une personne) cesser d'être perçu » (Tristan, Marianne, V, 3 ds Littré); 1677 « (d'un inanimé) id. » ma voix s'est perdue (Racine, Britannicus, II, 2); c) av. 1678 « cesser d'être perçu par la pensée en tant que tel; disparaître en se laissant éliminer par autre chose » (La Rochefoucault, Reflexions ou sentences et maximes morales, CLXXI ds Œuvres, éd. M. D. L. Gilbert, I, p. 100); 4. 1560 « être anéanti, détruit » les pommes se perdoyent (Journal du Sieur de Gouberville, 11.11.60 ds Poppe, p. 93). Du lat. class. perdĕre « détruire, ruiner, corrompre; employer inutilement; faire une perte, en partic. au jeu ».