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MOEURS, subst. fém. plur.
Étymol. et Hist. 1. Début xiies. «manière de se comporter, conduite (spéc. par rapport à la pratique du bien et du mal)» (Benedeit, St Brendan, 76 ds T.-L.: Murs out bons cil ermite et sainte vitte); 1155 (Wace, Brut, 3642, ibid.: Bien sembla [Iwallo] as bons ancessors De prüesce e de bones mors); 1160-74 (Id., Rou, éd. J.Holden, III, 2: Pur remembrer des ancesurs Les feiz e les diz e les murs); 1174-76 (Guernes de Pont-Ste-Maxence, St Thomas, 552 ds T.-L.: Les mals murs a guerpi e seculer servise); 1718 avoir des moeurs «avoir de bonnes moeurs» (Ac.); 2. ca 1265 les meurs et les us «les habitudes relatives à la manière de vivre, les usages» (Brunet Latin, Trésor, éd. J. Carmody, II, XL, p.207); 1549 «habitudes d'un peuple» (Du Bellay, Deffense de la lang. fr., éd. H.Chamard, I, 2, p.16); 1688 «savoir-vivre» (La Bruyère, Caractères, De la Cour, 74, éd. J. Benda, p.259: les jeunes gens... sont durs, féroces sans moeurs); 3. [av. 1577 (?) «habitudes naturelles des différentes espèces d'animaux» (Budé, Des Ois., p.118 ds La Curne = trad. de G.Budé, Traité de Vénerie par Louis Le Roy?)] 1606 meurs porcines (Trad. de Folengo, L. VIII I, 217 ds Hug.). Du lat. mores, plur. de mos, moris, masc. (d'où ce même genre relevé en a. fr.) «volonté, désir; usage, coutume»; la plupart du temps au plur. «genre de vie, traditions [morales, religieuses], habitudes; caractère, comportement; lois, règles». La prononc. de l's finale (notée dep. Rich. 1680; v. aussi Fouché Prononc., pp.426 et 478) est prob. due à la fois au nombre exclusivement plur. du mot et à la relation, toujours ressentie, avec l'étymon lat. V. aussi Trav. Ling. Litt. Strasbourg t.19, 1, p.241.