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MIGNON, -ONNE, adj. et subst.
Étymol. et Hist. 1. Fin xiies. péj. prob. déjà «homme qui se prête à la lubricité d'un autre» (Béroul, Tristan, éd. E. Muret, 3635 et 3644), attest. isolée; 2. a) 1remoitié xves. subst. «amant» (R. Le Sénéchal, Rondeau ds Rondeaux et autres poésies du XVes., éd. G. Raynaud, p.111, 128, 2); 1555 mignon de couchette (Jacques Tahureau, 1erDialogue du Démocritic, éd. F. Conscience, p.20); b) 1446 «favori (à propos des jeunes gens de l'entourage de Charles VII)» (Pièce justificative ds Jean du Bueil, Jouvencel, éd. L. Lecestre, t.2, p.326); spéc. 1594 appliqué aux favoris efféminés d'Henri III (Satyre Ménippée, éd. Ch. Read, p.198); 1616 (D'Aubigné, Hist. univ., t.2, p.375); c) ca 1480 fam. ma mignonne (Myst. du V. Testament, éd. J. de Rothschild, 28006); 1690 adj. (Molière, Amour médecin, I, 2); 3. 1478-80 adj. «gracieux, joli, agréable» (Guillaume Coquillart, Enqueste, éd. M. J. Freeman, p.74, 329); 1478-80 subst. «jeune personne gracieuse, galant» (Id., Plaidoié, p.6, 39); 1718 péché mignon (Ac., s.v. péché); 4. p.ext. a) 1561 typogr. (P. Chaix, Recherches sur l'imprimerie à Genève de 1550 à 1564, 236 ds Wolf Buchdruck, p.103: letres dictes mignongne); b) 1690 pesche mignonne (Fur., s.v. pesche); c) 1831 souliers mignons (Balzac, Peau chagr., p.249); 1860 subst. (Sainte-Beuve, loc. cit.); d) 1833 bouch. filet mignon (Gdes heures cuis. fr., loc. cit.). Dér. d'un rad. miñ-, exprimant originellement la gentillesse, la grâce; suff. -on1*; dès le xve-xvies. a supplanté mignot* dont seuls les dér. (amignoter*, mignoter*), ont quelque vitalité.