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Étymologie du Trésor de la Langue Française (1960-1990)
[Ca 1200 indirectement attesté par son dér. régressif contour ; 1311 contorner « être situé (en parlant d'une terre) » (Mercr. av. St Luc, Arch. C.-d'Or, B 495 ds Gdf. Compl.), attest. isolée];
A.
1. Ca 1360 « tourner, se tourner (vers ou contre quelqu'un ou quelque chose) » (Baudoin de Sebourc, V, 137; VIII, 636 ds T.-L.) — début xviie s. ds Hug. ;
2. 1512 « entourer (ici, de ses bras, sens fig.) » (Lemaire de Belges, Illustrations de Gaule et Singularités de Troie, II, 13 ds Hug. : une femme si legerement contournee en tes embrassemens); 1575 (Thevet, Cosmographie universelle, VIII, 3, ibid. : Ceste isle [...] est toute contournee et entouree de rochers); d'où 1761 « faire le tour de quelque chose » (Rapport de M. de Salvert, 28 oct., Ms. Arch. de la Mar. ds Jal : L'ennemi continuant de me Contourner, vint se remettre à tribord);
3. 1651 B.-A. « tracer les contours d'une figure » (R. F[réart] de Chambray, trad. fr. du Trattato di Pittura de Léonard de Vinci, p. 6 ds Brunot t. 6, 2, p. 695);
4. 1721 pot. « façonner (un vase) » (Trév.).
B. 1548 au propre « tortiller » (N. Du Fail, Baliverneries d'Eutrapel, p. 155 ds IGLF : [Eutrapel] contournant sa barbe); 1803 au fig. contourné « trop compliqué, peu naturel (ici, en parlant du style de quelqu'un) » (Chateaubriand, Génie du christianisme, t. 1, p. 4). D'un lat. vulg. *contornare, attesté seulement au viiie s. (Gloses de Reichenau, éd. H. W. Klein, p. 160, n° 360 : convertantur : conturnent), composé de cum et de tornare (tourner*). Le sens A 3 est dû à l'infl. de l'ital. contornare.