BARDE2, subst. fém.
Étymol. et Hist. 1. 1220 judéo-fr. « couverture d'âne faite de laine grossière » (
Simson de Sens,
Gloses, Kêlim XXIII, 3 dans
R. des ét. Juives, t. 101, p. 104);
ca 1260 « bât, selle » (
Assises de Jérusalem, II, 73, Beugnot dans
Gdf. : C'il avient que les cordes de la
barde dou chamiau brisent);
2. 1440-75 milit. « armure faite de lames de fer (pour le guerrier) » (
G. Chastellain,
Chron., III, 147, 30 d'apr.
Heilemann,
Der Wortschatz von G. Chastellain, p. 246, 1937 : le seigneur de Ch... couvert d'une
barde); «
id. (pour le cheval) » (
Ibid., II, 369, 2,
Ibid.);
3. 1680 art culin. (
Rich.). Empr. à l'ar.
barda'a « espèce de selle »
(barda*
); au sens 1, le mot attesté dans les
Assises de Jérusalem a été directement empr. à l'ar. lors de la première croisade; d'apr.
Barb. Misc. 13, n
o4, il aurait été ultérieurement empr. par l'intermédiaire du prov. (1144 lat. médiév., Toulouse, Chart. Ildefonsi Comitis Tolosae apud Catellum in
Hist. Occitan., p. 324 dans
Du Cange,
s.v. barda 1), a.prov.
bardon « espèce de bât », 1360 dans
Pansier, prov.
bardo 1529,
ibid., et
cf. le dér.
bardel « bât » (av. 1234,
Le Dauphin d'Auvergne,
Puois sai dans
Rayn., p. 187 : E vos don sella e bardel); l'ital.
barda n'est pas attesté en ce sens av. le
xives. (M. Villani dans
Batt.); 2 est soit issu de 1 p. anal, soit empr. à l'ar. par l'intermédiaire de l'ital., attesté en ce sens (en parlant d'un cheval) dep. le
xves. (Pulci,
ibid.); 3 est soit issu de 1 et 2 p. anal. de forme (caractère mince et étroit de ces divers éléments), soit empr. au prov. mod.
bardo, de même sens dans
Mistral (
Barb. loc. cit.).