ACIDE2, adj. et subst. masc.
Étymol. ET HIST.
I.− Adj. 1. 1545 « qui a une saveur piquante et déplaisante », sens propre (Guillaume
Guéroult,
Hist. des plantes, 283 ds
Quem. t. 1 1959, p. 49 : Ce fruict rude,
acide ou mal plaisant au goust);
2. 1690 chim. « qui possède les propriétés des acides » (
Fur. 1960 : ... les liqueurs
acides rougissent la teinture du tournesol);
3. 1842 au fig. (
V. Hugo,
Le Rhin, Lettres à un ami, p. 28 : Une lieue plus loin, nous traversions un village dont c'était la fête et qui célébrait cette fête avec une musique des plus
acides).
Empr. au lat.
acidus, attesté dep. Plaute (
Pseud., 739 ds
TLL, I, 398, 76-77
s.v. acidus : ecquid is homo habet aceti in pectore? atque acidissumi;
cf. Cels., 2, 20, p. 67,
ibid., 398, 78-79 : ex pomis quodcunque neque acerbum neque acidum est); emploi fig. « désagréable, pénible » dep. I
ers. av. J.-C. : − d'un homme (
Sén.,
Dial. 5, 43, 1 ds
TLL s.v., 399, 34); − d'un inanimé (
Apul.,
Met. 5, 30,
ibid., 399, 35),
cf. cognomen
Acidus (TLL s.v.).
II.− Subst. 1690 chim. « composé hydrogéné de saveur âcre, qui a une action corrosive et dissolvante et qui forme les sels en se combinant avec les bases » (
Fur. 1690 :
Acide... terme de chymie est un sel picquant, un peu potentiel et disolvant qui est en tous les mixtes et qui leur a donné l'être. Il est en ce sens opposé à l'alkali). Au
xixes., le mot passe dans la lang. commune avec des emplois fig.
Empr. au lat.
acidus (
cf. sup. acide, adj.), subst. au plur. en lat. médiév. comme terme d'(al)chimie. « substance de saveur piquante », ainsi :
ixes.,
Tract. de causis mulierum, 44 ds
Mittellat. W. s.v. : pocionis constringunt azida.