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VOLATIL, -ILE, adj.
A. − CHIM., PHYS. Qui peut passer à l'état de gaz, de vapeur. Acide, produit volatil; essence volatile; matières volatiles inflammables. L'eau n'est pas la seule matière volatile qui existe dans les laves au moment de leur éruption. Elle y est accompagnée de différents sels (...) que la vapeur entraîne en se dégageant (Élie de Beaumontds B. Sté géol. Fr., t. 4, 1847, p. 65).Qu'est-ce qu'un alambic? En général, un appareil employé pour distiller, pour séparer un liquide volatil des substances fixes, ou moins volatiles que lui (Pesquidoux, Chez nous, 1921, p. 51).V. infusible ex. de Cournot.
Alcali* volatil. Huile* volatile.
B. − Au fig.
1. Qui disparaît facilement. Le sommeil est divin mais peu stable; le plus léger choc le rend volatil (Proust, Prisonn., 1922, p. 126).
INFORMAT. Mémoire volatile. ,,Mémoire qui perd l'information en cas de coupure (...) de l'alimentation`` (Milsant 1981). La TI-35 [une calculatrice] (...) possède (...) une mémoire non volatile qui conserve des informations même après l'arrêt (L'Express, 1eroct. 1982, p. 144, col. 1).
2. Qui est fluctuant, changeant. Synon. inconstant, instable, mobile; anton. fixe, stable.
a) [En parlant d'une pers.] Nous sommes si volatils, si inconséquents, si faciles à enlever (Las Cases, Mémor. Ste-Hélène, t. 1, 1823, p. 166).Je suis un homme libre et volatil. Je suis un insoumis, un impatient (Duhamel, Notaire Havre, 1933, p. 84).
b) [En parlant d'une chose] La moindre incertitude de désignation [est] lourde d'effets redoutables, et la parole [est] une forme particulièrement volatile et périlleuse des rites (Arts et litt., 1935, p. 50-11).
BOURSE. [En parlant d'une valeur mobilière] Dont le cours est très fluctuant. Valeurs volatiles. (Dict. xxes. dep. Lar. encyclop. Suppl. 1975).
Prononc. et Orth.: [vɔlatil]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. Fin xiie-déb. xiiies. « léger, inconstant, volage » Fausse amor ne volatille (Gonthier de Soignies, Chansons, 12, 58 ds A. Scheler, Trouvères Belges, t. 2, p. 29); 2. ca 1455 farine volatil « fine farine » (Arch. Nord ds IGLF Moy. Âge); 1575 (Paré, Anatomie, VI, 15 ds Œuvres compl., éd. J.-Fr. Malgaigne, t. 1, p. 406); 3. 1516 chim. « qui s'évapore facilement » (Les Remonstrances ou la complainte de Nature à l'alchymiste errant, vers 29 ds Guillaume de Lorris et Jean de Meun, Rose, éd. Méon, t. 4, p. 126: vif argent Cil qu'est volatil et vulgal). Empr. au lat. class.volatilis « qui vole, ailé », au fig. « rapide, éphémère », dér. de volare, v. voler. Fréq. abs. littér.: 87. Bbg. Quem. DDL t. 13. − Roques (G.). La Lexicogr. et l'alchim. R. Ling. rom. 1974, t. 38, p. 456.