Police de caractères:

Surligner les objets textuels
Colorer les objets :
 
 
 
 
 
 

Entrez une forme

options d'affichagecatégorie :
TRUMEAU, subst. masc.
I. − Vx. Gras de la jambe. (Dict. xixeet xxes.).
BOUCH. Jarret de bœuf. (Ds Gdes heures cuis. fr., Éluard-Valette, 1964, p. 252).
II. − BEAUX-ARTS
A. −
1. Espace compris entre deux portes, entre deux fenêtres; panneau, revêtement (de menuiserie, de glace, peinture ornementale, etc.) qui occupe cet espace. Les trumeaux des fenêtres, horriblement surchargés, se lézardaient en tous sens (Mérimée, Ét. arts Moy. Âge, 1870, p. 132).
2. Glace décorant le dessus d'une cheminée; panneau de bois sculpté, peinture ornementale au-dessus d'une telle glace. Trumeau orné de marqueterie; trumeau rococo. Au-dessus de la cheminée (...) s'élevait jusqu'au plafond un trumeau encadré par un fouillis de branchages, de nids de tourterelles et de canaris dorés (Nerval, Fayolle, 1855, p. 44).
B. − Pilier, souvent sculpté ou masqué par une statue, qui soulage en son milieu le linteau d'un portail. Trumeau gothique sculpté. L'étude des façades (...) conduira à son tour, pour les plans, à certaines modifications des avant-corps, des entr'axes, des piliers, des trumeaux (Arnaud, Archit. et constr., t. 1, 1931p. 73).
III. − Pop., vieilli. (Vieux) trumeau. Personne âgée; en partic., vieille femme outrageusement fardée. « Avais-je raison, hier? Quels trumeaux!... » La pimpante Cécile prononçait à mi-voix cette parole irrespectueuse (...). Elle montrait du coin de l'œil un groupe de vieilles personnes (Bourget, Drame, 1921, p. 110).La vue de tout ce petit monde laborieux [les étudiants] est fort plaisante pour un vieux trumeau comme moi (Proust, Prisonn., 1922, p. 291).
Prononc. et Orth.: [tʀymo]. Ac. 1740: trumeau ,,Quelques-uns disent trémeau`` (v. Littré ,,On a dit trémeau``); dep. 1762: trumeau. Étymol. et Hist. 1. a) Ca 1200 « mollet » (Garin le Loheren, éd. J. E. Vallerie, 6153); b) ca 1393 « jarret du bœuf » (Ménagier de Paris, éd. G. E. Brereton et J. M. Ferrier, p. 185, 7); 2. a) 2emoit. du xiiies. « pilier (d'un château) » (Gaufrey, 272 ds T.-L.); b) 1691 « partie du parapet terminé par les deux embrasures d'une batterie » (Ozanam d'apr. FEW t. 17, p. 402b: tremeau); c) 1875 « colonne, pilier qui supporte en son milieu le linteau d'une porte d'église » (Viollet); 3. a) 1676 « partie d'un mur située entre deux baies, entre deux ouvertures verticales » (Félibien, p. 764); b) 1718 « panneau de glace recouvrant cet espace » (doc. ds Havard); c) 1743 « panneau de glace décorant une cheminée » (doc., ibid.); 1875 « peinture ornementale surplombant ce panneau » (Goncourt, Journal, p. 1086); d) α) 1861 « demoiselle de comptoir, dans un caboulot » (Bouis-bouis, bastringues et caboulots de Paris, p. 159 ds Klein Vie paris., p. 88, note 1); 1868 « prostituée, vieille dévergondée » (Verlaine, Coppée, Qui veut des merveilles? ds Verlaine, Œuvres poét. complètes, éd. Y.-G. Le Dantec et J. Borel, p. 28); β) 1864 vieux trumeau « personne âgée » (Almanach des toqués ds Larch. 1872, p. 232). Prob. dér., à l'aide du suff. -eau*, d'une forme non att. *trum, issue de l'a. b. frq. *thrum « moignon ». Cf. l'a. h. all., m. h. all. drum « extrémité, bout », all. Trumm « gros morceau (de quelque chose) ». La présence du [y] dans le rad. permet de supposer que le mot est entré en gallo-rom. à une époque assez tardive, peut-être au viiies., v. FEW t. 17, p. 404 a-b. Fréq. abs. littér.: 59. Bbg. Archit. 1972, p. 83. − Meier (H.). Neue lat.-rom. Etymologien. Bonn, 1980, pp. 108-122. − Quem. DDL t. 7, 21.