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TORRIDE, adj.
A. − [En parlant d'un lieu] Où règne une très forte chaleur. Pays torride. Là, le désert torride, ici les froids polaires; Des océans émus de subites colères, Pleins de mâts frissonnants qui sombrent dans la nuit (Hugo, Contempl., t. 2, 1856, p. 185).Elle attire de loin [la fontaine] les bêtes dont le flair Sent germer sa fraîcheur dans la plaine torride (Leconte de Lisle, Poèmes trag., 1886, p. 122).
GÉOGR., vx. Zone torride ou, absol., la Torride, subst. fém. Partie du globe terrestre comprise entre les deux tropiques. À la vérité, j'ai vu souvent à l'Île-de-France de petits nègres de sept ou huit mois marcher tout seuls; mais c'est l'influence du soleil qui en est la cause: c'est elle qui développe rapidement l'activité des puissances de la nature dans toute l'étendue de la zone torride (Bern. de St-P., Harm. nat., 1814, p. 254).Le même animal ne se ressemble plus sous la Torride, dans l'Inde ou dans le Nord (Balzac, L. Lambert, 1832, p. 134).
B. − Dont la température est brûlante et desséchante. Climat, journée, saison torride. C'était en juillet, par une après-midi torride. Les pavés des rues étaient chauds à cuire du pain; la chemise, tout de suite trempée, collait au corps (Maupass., Contes et nouv., t. 1, Marroca, 1882, p. 787).Et pourtant, il est vrai que ces pins invisibles demeurent présents sur ma colline. Par un été sec et torride comme celui dont nous achevons la traversée, il suffit que le vent souffle du sud pour que je reconnaisse leur parfum (Mauriac, Journal occup., 1942, p. 343).
Empl. subst. masc. Des caryopses de la meilleure espèce, issus du Kashmir, menus, durs, ambrés, ne craignant ni le sec ni le venteux ni le torride (Arnoux, Calendr. Fl., 1946, p. 252).
C. − Qui répand, qui diffuse une chaleur intense. Rayonnement, soleil torride. Pas une feuille aux arbres et nous étouffons. De mémoire d'Américain on n'a vu chose si singulière. L'air torride circule en vagues de feu à travers les branches nues (Green, Journal, 1941, p. 88).
Chaleur torride. Chaleur extrême. Je traversai le Simplon, passant en une journée de la chaleur torride du versant italien au froid glacial de la crête des Alpes, et retrouvant, le soir, dans la vallée du Rhône, une fraîcheur printanière (Sand, Hist. vie, t. 4, 1855, p. 195).
P. métaph. Pas un souvenir; un amour implacable et torride [avec Anny], sans ombres, sans recul, sans refuge (Sartre, Nausée, 1938, p. 88).
REM.
Torridité, subst. fém.,rare. État de ce qui est torride. Ces cloches, ces fusillades, ces canons, cette houle inégale de clameurs, cette torridité étouffante de l'air, voilà sa musique, son aliment, son atmosphère [de la chance] (Arnoux, Roi, 1956, p. 21).
Prononc. et Orth.: [tɔ ʀid]. Barbeau-Rodhe 1930 [-ʀ(ʀ)-] (gémination affective). Homon. taurides. Att. ds Ac. dep. 1718. Étymol. et Hist. 1. 1495 « où la température est très chaude » (Jean de Vignay, Mir. historial, XX, 122, éd. 1531 ds Delb. Notes mss: Icelle region qu'on nomme torride); 1552 zone torride (Rabelais, Quart Livre, Briefve Declaration, éd. R. Marichal, p. 273); 1684 La Torride (F. Bernier, Abrégé Philosophie de Gassendi, p. 60); 2. 1556 « dont la température est très chaude » (Le Blanc, Trad. de Cardan, fo120 vods Gdf. Compl.); 3. 1832 « qui répand une grande chaleur » soleil torride (Borel, Rhaps., p. 83). Empr. au lat.torridus « desséché, sec, aride », « brûlant », dér. de torrere « sécher, dessécher ». Fréq. abs. littér.: 381. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 892, b) 206; xxes.: a) 431, b) 489.