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TÂTER, verbe
I. − Empl. trans.
A. − Trans. dir. Explorer en exerçant une légère pression; toucher doucement pour ressentir la nature d'une chose ou pour déceler une sensation de chaud ou de froid, de dureté ou de mollesse, de sécheresse ou d'humidité, etc.
1. [Le suj. désigne une pers.] Toucher avec la main ou les doigts et plus rarement avec une autre partie du corps. Tâter doucement, prudemment; tâter avec des doigts peu sûrs, avec sagacité, d'une main anxieuse.
a) [Le compl. d'obj. dir. désigne une partie du corps] Tâter une bosse, une cheville, des côtes, son front. Dites donc, s'exclama-t-il avec admiration, vous en avez des biceps. Fichtre fichtre fichtre ça fait plaisir à tâter (Queneau, Loin Rueil, 1944, p. 109):
1. Je tirai ma montre: il n'était que deux heures et demie. J'aurais cru, quant à moi, que mon voyage avait duré trois nuits. Je me tâtai bras et jambes, pour voir si j'étais au complet; dans ces sortes d'expéditions, on sait ce qui part, on ne sait pas ce qui arrive. About, Roi mont., 1857, p. 215.
Tâter le pouls de/à qqn. Presser légèrement l'artère pour sentir le rythme de la tension artérielle et déceler une éventuelle anomalie. La Rapet s'approcha du lit et considéra la mourante. Elle lui tâta le pouls, lui palpa la poitrine, l'écouta respirer (Maupass., Contes et nouv., t. 1, Diable, 1886, p. 237).
Au fig. V. pouls B 2.
Tâter qqn.Poser ses mains sur le corps ou sur une partie du corps de quelqu'un, souvent avec une certaine sensualité. Les mains des soldats tâtaient les filles dans l'ombre et faisaient lever des rires (Sartre, Mort ds âme, 1949, p. 144):
2. J'entre, et je vois une femme qui me passe les mains sur le corps, sous le châle, sur le... enfin, partout. A-t-on vu une horreur pareille? On me prenait pour de la contrebande. − Ah! Je devine, on voulait voir si tu n'entrais rien de prohibé, de l'eau-de-vie ou autre chose. − Prohibé ou non, j'ai administré à la commère une poussée dont elle se souviendra. Tâter une femme ainsi: vilaine malhonnête! Reybaud, J. Paturot, 1842, p. 435.
b) [Le compl. d'obj. dir. désigne un animal] Examiner une bête au toucher pour déceler une anomalie ou pour évaluer sa qualité marchande. [Le paysan] se perdit aussitôt dans la foule criarde et lente, agitée par les interminables marchandages. Les paysans tâtaient les vaches, s'en allaient, revenaient, perplexes, (...) épiant l'œil du vendeur, cherchant sans fin à découvrir la ruse de l'homme et le défaut de la bête (Maupass., Contes et nouv., Fic., 1883, p. 124).Thomas (...) tâta les reins de la bête; il fit jouer le ressort des jambes. Il toucha doucement la blessure d'entre-cuisses (Giono, Gd troupeau, 1931, p. 37).
c) [Le compl. d'obj. dir. désigne un inanimé] Tâter une bouillotte, une couverture de fourrure, une flanelle, le moelleux d'une robe. Les bras étendus, le vieux prêtre timide Tâte les murs épais du corridor humide (Vigny, Poèmes ant. et mod., 1837, p. 153).
P. anal., vx. Tâter le pavé. Ne pas pouvoir s'appuyer fortement en marchant. (Dict. xixeet xxes.).
d) P. ell. Éprouver par le toucher. Moi, je suis comme saint Thomas, il faut que je voie, que je tâte (Erckm.-Chatr., Hist. paysan, t. 1, 1870, p. 54).
2. [Le suj. désigne une pers.] Toucher avec un objet pour reconnaître, éprouver, apprécier.
a) [Le compl. d'obj. dir. désigne une partie du corps] C'est comme une poigne de chirurgien, qui tâte avec de l'acier un fond de plaie (Goncourt, Ch. Demailly, 1860, p. 162).Le lendemain, il faudrait encore retourner chez le quenottier, ouvrir la bouche, se faire tâter toutes les dents avec le manche de l'outil (Huysmans, Sœurs Vatard, 1879, p. 99).
b) [Le compl. d'obj. dir. désigne un animal] Un lieuvre ed' dix, onze livres, pas ed' moins!... S'en est fallu ed' peu que j'y tâte el' râble avec mon bâton (Martin du G., Gonfle, 1928, i, 1, p. 1173).
c) [Le compl. d'obj. dir. désigne un inanimé] S'aider d'un instrument pour se repérer ou avoir des informations sur la solidité ou la fiabilité de quelque chose. Ils avancent avec précaution sur le désert de neige, attachés à la même corde, Tartarin en avant, tâtant de son piolet gravement (A. Daudet, Tartarin Alpes, 1885, p. 251).Quelqu'un s'avance en tâtant le mur, avec un bâton, aveugle, et arrive à moi (Barbusse, Feu, 1916, p. 316).
P. anal. Tâter une route, un chemin, etc. L'éprouver. L'aide de camp: Il paraît que l'empereur est arrivé hier par la route de Nogent à Sézanne. Blucher: J'ai fait tâter cette route, elle est impraticable (Dumas père, Barrière Clichy, 1851, i, 2, p. 29).
Au fig. Tâter le terrain. Apprécier l'état d'une affaire en posant des questions discrètes. Synon. sonder* le terrain.Laurent Fabius a fait une descente au commissariat du 6èmearrondissement de Paris dans la nuit de mardi à mercredi, histoire de tâter le terrain avant son quart d'heure télévisé en partie consacré à la sécurité (Libération, 20 déc. 1984, p. 20).
3. [Le suj. désigne un animal] Si l'on a soin d'en « amorcer » quelques-unes [des abeilles], en les posant sur la farine répandue, elles la tâtent, la goûtent, reconnaissent ses qualités à peu près équivalentes à celles de la poussière des anthères, retournent à la ruche, annoncent la nouvelle à leurs sœurs (Maeterl., Vie abeilles, 1901, p. 260).
En partic. [Le suj. désigne un cheval, une bête de somme] Tâter le terrain, le sol, etc. Ne pas marcher franchement, ne pas avoir les pieds sûrs. Ce cheval tâte le terrain (Ac.).L'âne (...) tâtait l'herbe du sabot, avec précaution (Schwob, Monelle, 1894, p. 46).
4. [Le suj. désigne un inanimé] Peut-être, un jour que la mort nous tâtera (...), les reverrons-nous (...), ces longues avenues de lits bien blancs (Verlaine, Œuvres compl., t. 4, Mes hôp., 1891, p. 329).
5. Au fig.
a) Tâter qqn.Interroger quelqu'un discrètement pour essayer de connaître ses dispositions vis-à-vis de quelque chose. Il faut que j'aie avec ta pauvre grand'mère une conversation où je la tâte, pour savoir si elle a jamais envisagé la possibilité de ton mariage (Bourget, Actes suivent, 1926, p. 149).
b) [Le compl. désigne qqc. d'abstr.] Expérimenter, essayer, mettre à l'épreuve. Tâter le caractère, sa vocation, sa sensibilité. Je prenais le train de Paris. Passant par Monte-Carlo, j'allai tâter la chance au Casino. La chance s'étant montrée contraire, je remontais le lendemain matin dans le train de Paris (Cendrars, Bourlinguer, 1948, p. 237).
Tâter le courage de qqn. Commencer à attaquer, à offenser quelqu'un, pour voir s'il se défendra ou s'il sera poltron. (Dict. xixeet xxes.).
Tâter l'opinion. Sonder les idées de l'opinion publique que constituent les gens. Jenkins avait jugé à propos de disparaître pendant quelque temps, laissant madame continuer à fréquenter les salons encore ouverts, afin de tâter et tenir en respect l'opinion (A. Daudet, Nabab, 1877, p. 182).Par un journal, vous tâteriez l'opinion, vous distingueriez le courant (Barrès, Déracinés, 1897, p. 279).
Tâter l'ennemi. Mettre à l'épreuve les forces ennemies en engageant quelques escarmouches. [Montluc] s'entendait à merveille, dans une escarmouche, à tâter l'ennemi, c'est-à-dire à connaître sa marche et à son attitude s'il avait peur ou s'il était en force et solide (Sainte-Beuve, Caus. lundi, t. 11, 1854, p. 100).
Tâter le jeu. Tester l'adversaire en essayant de deviner sa tactique. Les escrimeurs qui tâtent le jeu d'un tireur inconnu, afin d'y entrer (Bourget, Disciple, 1899, p. 33).
c) Vx. N'en tâter que d'une dent. N'en avoir que peu ou pas du tout, ne pas obtenir ce qu'on désirait. (Dict. xixeet xxes.).
6. Spécialement
a) CHASSE. [Le suj. désigne un chien] Sembler toucher avec le nez l'odeur qu'un animal (gibier, etc.) a laissée sur son itinéraire. Les chiens tâtent la terre et se rabattent sur la voie (La Hêtraie, Chasse, vén., fauconn., 1945, p. 157).
b) CH. DE FER. Mesurer l'échauffement des freins en donnant des petits coups sur les roues. On diminue le nombre [des ruptures de bandages] en tâtant fréquemment les roues au marteau (Bricka, Cours ch. de fer, t. 2, 1894, p. 7).
c) MARINE
Tâter le fond. ,,Le toucher à la sonde, s'assurer que la sonde le touche bien, en la levant un peu et la refilant. De même, toucher le fond avec la gaffe, pour s'assurer de sa nature et du brassiage`` (Merrien 1958). Synon. fam. de sonder.Je ne suis plus sûr de notre position, il faudrait tâter le fond (Merrien1958).
Tâter le vent. Avancer lentement pour voir jusqu'à quelle limite on peut aller dans le lit du vent sans que les voiles fasseyent. (Dict. xixeet xxes.).
d) MINES ET CARR. Tâter un parement. ,,Tracer, sur un bloc à tailler, une ligne dans le sens de la plus grande dimension pour exécuter la première ciselure`` (Noël 1968).
e) MUS. Tâter des cordes, tâter un clavier. En tester la sonorité. Dans le prélude (...) les luthistes semblaient « tâter les cordes », et les clavecinistes, vérifier l'accord (BrenetMus.1926, p. 151).
f) PÊCHE. ,,Raidir la ligne après la touche, mais avant de ferrer, afin de se rendre compte du comportement du poisson à qui l'on doit laisser le temps d'avaler l'appât avant de le piquer`` (d'apr. Lar. encyclop.).
g) PEINT. Travailler sans hardiesse, sans vigueur, d'un main hésitante et timorée. (Dict. xixeet xxes.).
B. − Empl. trans. indir.
1. Tâter de qqc.
a) Vieilli. [Le compl. désigne ce qui se mange ou se boit] Goûter, manger. Tâter d'un pâté, d'un rôti, d'une viande; tâter de la grande cuisine. Je suis propriétaire de magnifiques vignobles, fils de riche propriétaire, et vous tâterez de mon vin, fait par mon père (Stendhal, Nouv. inéd., 1842, p. 285).Une bande de chacals qui rôdait par ici a voulu tâter de nos provisions (Du Camp, Mém. suic., 1853, p. 4).
GASTR. Tâter à qqc.Faire un léger essai, afin de savoir si ça a bon ou mauvais goût. Tâter à une sauce, à un vin. (Dict. xixeet xxes.).
b) [Le compl. désigne un inanimé abstr.] S'essayer à quelque chose, expérimenter quelque chose. Tâter de la liberté, de la vie nocturne, des voyages, de tous les métiers. La république! Y pensez-vous, mon fils? La France en a tâté et sait trop ce qu'elle vaut (Sandeau, Sacs, 1851, p. 45).Il n'a jamais voulu tâter d'un seul magasin, ni des bureaux, même comme gardien et même de nuit (Céline, Mort à crédit, 1936, p. 66).
2. Au fig., fam.
a) En tâter
α) Goûter à, s'essayer à quelque chose. Il s'assit sur le divan: « C'est là-dessus que vous opérez? demanda-t-il d'un air amusé. − Oui; vous voulez en tâter? − Qui sait? dit-il (Beauvoir, Mandarins, 1954, p. 502).Comme il s'asseyait pour manger sa soupe, Françoise, qui le servait, tourna un instant derrière lui. Enfin, elle éclata, toute rouge. − Dis, rentre ta chemise, c'est dégoûtant. Il était mal planté, il s'emporta. − Nom de Dieu! As-tu fini de m'éplucher?... Ne regarde pas, si ça t'offusque... T'as donc bien envie d'en tâter, morveuse, que t'es toujours là-dessus? (Zola, Terre, 1887, p. 205).
β) Vivre quelque chose de difficile. Synon. pop. en baver.C'était pour eux, tous les chagrins! c'était pour eux toutes les complaintes! (...) Ils voulaient pas moi que je m'en mêle, que je fasse même mine de les aider... que j'en tâte un peu (Céline, Mort à crédit, 1936, p. 357).
γ) ESCR., vx. Se battre en duel. (Dict. xxes.).
b) Y tâter
α) Exceller dans un jeu, dans une activité. Le ballon fendit l'air à quarante mètres de là, à la cime des poteaux de but: le fameux drop-goal de Lando, célèbre à l'école. − Eh bien, il y tâte, votre copain, me dit l'entraîneur ravi (Abellio, Pacifiques, 1946, p. 205).
β) Dans le domaine sexuel, pop.S'initier, goûter au plaisir. Question de femmes, d'abord, il était terrible mon père, s'il me soupçonnait d'avoir envie d'aller y tâter un peu il devenait extrêmement féroce (Céline, Mort à crédit, 1936, p. 167).
3. Vieilli, fam. Tâter de qqn.Fréquenter quelqu'un, le plus souvent avec une connotation sexuelle. Tâter des actrices, des chanteuses. S'il est une fille Bien gentille Quiu veuille tâter d'un mari Bien nourri, Qu'elle vienne à ma table; Je serai bien aimable (Nadaud, Chansons, 1870, p. 34).Cinq femmes descendirent sur le perron (...). Elles ne s'étaient point fait prier, sûres d'être bien payées, connaissant d'ailleurs les Prussiens, depuis trois mois qu'elles en tâtaient (Maupass., Contes et nouv., t. 2, MlleFifi, 1881, p. 160).
II. − Empl. pronom..
A. − réfléchi
1. Se toucher. Quand je me vois pas, j'ai beau me tâter, je me demande si j'existe pour de vrai (Sartre, Huis clos, 1944, 5, p. 136).
2. Au fig. Hésiter, peser le pour et le contre avant de se décider à prendre position ou à agir. Se tâter politique-ment. On se tâtait, en haut lieu, pour savoir si le moment n'était pas venu de faire un appel direct et pressant à l'appui de la Grande-Bretagne, sous la forme, par exemple, d'une lettre personnelle du président de la République au roi George (Martin du G., Thib., Été 14, 1936, p. 518).
3. Arg. Se tâter, (aller) se faire tâter. Synon. de aller se faire voir*, se fouiller.Si le patron s'imagine que je vais me la fouler pour terminer ce travail, il peut se tâter (Rossignol, Dict. arg., 1901, p. 98).Tu ne viens pas? C'est bien entendu? − C'est bien entendu. Je ne viens pas. − Alors va te faire tâter (Sartre, Mort ds âme, 1949, p. 103).
Arg. des voyous. Se faire tâter. Être arrêté. (Ds Esn. 1966).
B. − réciproque. Se toucher l'un l'autre. En l'entendant conter ses merveilleuses histoires, Quatrefeuilles et Saint-Sylvain riaient comme les autres et, se tâtant du coude, lorgnaient (...) la chemise (France, Barbe-Bleue, Chemise, 1909, p. 209).
Prononc. et Orth.: [tɑte], (il) tâte [tɑ:t]. [ɑ] < amuïssement de s implosif; préservé dans une certaine mesure par la pré-sence de l'accent circonflexe; au fur et à mesure que la syll. s'éloigne de l'accent [ɑ] tend à devenir [a]. V. tâtonnant, tâtonnement, tâtonner. Ac. 1694, 1718: taster; dep. 1740: tâter. Étymol. et Hist. A. 1. a) 1remoit. du xiies. taster « explorer par le toucher » (Psautier Cambridge, CXIII, 14 ds Gdf. Compl.); ca 1160 taster « id. » (Eneas, éd. J.-J. Salverda de Grave, 1249); b) ca 1155 taster al pulz « presser légèrement l'artère du poignet pour connaître la rapidité des battements du cœur » (Brut, 8263 ds T.-L.); 1180-90 tater le pous (Renart, éd. M. Roques, 18634); 1280 taster au pous (Philippe de Beaumanoir, Jehan et Blonde, éd. S. Lécuyer, 683-684); 1594 taster le poux à qqn (sur une affaire) « essayer de connaître ses dispositions, ses sentiments sur une affaire » (G. Du Vair, Actions et traictez oratoires, 173 ds Quem. DDL t. 19); c) 1160-74 taster « explorer (un pays, un terrain) » (Wace, Rou, III, éd. A. J. Holden, 5245); d) 2emoit. du xiiies. taster (aucun) « mettre à l'épreuve » (Anc. Sermon fr., p. 55 ds T.-L.); 1718 tâter l'ennemi « faire des mouvements, de petites attaques, pour connaître les dispositions de l'ennemi » (Ac.); e) expr. α) 1680 tâter le pavé « marcher avec hésitation (en parlant d'un cheval) » (Rich.); 1694 « marcher avec hésitation (en parlant d'une personne), agir avec circonspection, avec irrésolution » (Ac.); β) 1690 tâter le terrain « marcher avec hésitation (en parlant d'une personne); fig. agir avec précaution, avec circonspection » (Mmede Sévigné, Lettre à MmeDe Grignan du 21 juin ds Corresp., éd. R. Duchêne, t. 2, p. 981); 2. 1160-74 soi entretaster « se frapper réciproquement, se toucher de l'épée » (Wace, Rou, III, éd. citée, 3973); fin xiies. taster « frapper » (Robert le Diable, 3275 ds T.-L.); 3. fin xiiies. [date des mss] taster « caresser en palpant » (Thèbes, éd. L. Constans, Appendice III, 2853, p. 143). B. 1. a) Ca 1160 taster de « jouir de, avoir sa part de » (Eneas, éd. J.-J. Salverda de Grave, 8218); b) 1174-78 taster de qqc. « s'adonner à (un vice) » (Etienne de Fougères, Manières, éd. R. A. Lodge, 148); c) ca 1225 taster « essayer, faire l'expérience de » (Pean Gatineau, St Martin, 9566 ds T.-L.); d) ca 1590 se taster « s'examiner, se consulter, se sonder sur quelque chose » (Montaigne, Essais, II, 6, éd. P. Villey et V.-L. Saulnier, t. 1, p. 380); 1718 « être trop attentif à sa santé » (Ac.); 2. 1165-70 taster de qqc. « goûter à quelque chose, en manger pour en jouir » (Chrétien de Troyes, Erec et Enide, éd. M. Roques, 5106). Continue le lat. pop. *tastare, contraction du lat. vulg. *taxitare, fréquent. du lat. class. taxare « toucher souvent et fortement ». Fréq. abs. littér.: 1 393. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 820, b) 2 515; xxes.: a) 2 650, b) 2 278.
DÉR.
Tâtement, subst. masc.,peu us., vx. Action de tâter, expérience. Qui plus qu'eux [les débauchés] est habitué à cette recherche du fond des choses, et, si l'on peut ainsi parler, à ces tâtements profonds et impies? (Musset, Confess. enf. s., 1836, p. 318).− [tɑtmɑ ̃]. Supra prononc. − 1reattest. 1530 (Palsgr.); de tâter, suff. -(e)ment1*.
BBG.Chautard Vie étrange Argot 1931, p. 550.