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* Dans l'article "TAPAGEUR, -EUSE,, adj."
TAPAGEUR, -EUSE, adj.
A. − [En parlant d'une pers.] Qui fait du tapage. Synon. bruyant, chahuteur.Elle était belle aussi dans sa vieille maison de la Cité, derrière son vitrage de plomb, entre les étudiants tapageurs et les moines débauchés, quand, sans peur des sergents, on frappait fort sur les tables de chêne les grands pots d'étain (Flaub., Champs et grèves, 1848, p. 343).L'enfant tapageur se transforma, du jour au lendemain, en un garçon économe et égoïste (Zola, Fortune Rougon, 1871, p. 49).
Empl. subst. Personne qui fait du tapage, du bruit. M. Delteil sortit, résolu désormais à ne plus faire de concessions et à sévir immédiatement contre les tapageurs (Champfl., Souffr. profess. Delteil, 1853, p. 137).Les sergents de ville, de temps à autre, se retournaient d'un air féroce; et les tapageurs n'ayant plus rien à faire, les curieux rien à voir, tous s'en allaient peu à peu (Flaub., Éduc. sent., t. 1, 1869, p. 39).
[P. méton.] Un beau soir, foin des bocks et de la limonade, Des cafés tapageurs aux lustres éclatants! (Rimbaud, Poés., 1871, p. 71).Autour des billards, ce n'était qu'appels, rires et disputes: « 13! 14! 15! » − « La poisse! » − « Enc'quore fosse queue! » « Eugène, un bock! » « Eugène, un byrrh! » Tapageuse gaieté, que le claquement froid des billes ponctuait comme un staccato d'appareil morse (Martin dy G., Thib., Sorell., 1928, p. 1172).
P. anal. [En parlant d'un animal] Les chats ne communiquent pas facilement leurs impressions. Quelle supériorité les sépare du chien, cet animal tapageur qui ne saura jamais garder le fruit de ses observations pour s'en récréer silencieusement (Champfl.,Avent. MlleMariette, 1853, p. 248).
B. −
1. Qui provoque du tapage, du scandale, suscite des commentaires. Plus tard, je devais m'apercevoir, en effet, que les Parisiennes, en dépit de leur vie étalée et de leurs liaisons tapageuses, demeurent des créatures mystérieuses et sans cœur (Fargue, Piéton Paris, 1939, p. 191).En dépit de leurs proclamations tapageuses, ils étaient trop peu sûrs d'eux-mêmes pour risquer tout le crédit de leur thèse sur un seul résultat (J. Rostand, Genèse vie, 1943, p. 140).
2. Qui se fait remarquer, par une certaine outrance, l'étalage d'un luxe de mauvais goût, des couleurs ou des tons très contrastés ou criards. Synon. voyant.Élégance, toilette tapageuse; luxe tapageur. Denise portait une robe tapageuse sur laquelle pendait un collier de perles; ses bas de soie couleur chair, ses souliers mordorés, tiraient l'œil (Dabit, Hôtel Nord, 1929, p. 202).Une publicité outrancière, tapageuse, aux formules maladroites, qui claironne les qualités du travail fait ou le talent des comédiens (Vilar, Tradition théâtr., 1963, p. 115).
[En parlant d'une pers.] Qui cherche à se faire remarquer, à attirer l'attention. Elle se laissa tomber sur la chaise Louis XVI, d'un air las. Malgré son fard, son allure tapageuse, la femme que j'avais devant moi avait brisé ses ressorts secrets (Daniel-Rops, Mort, 1934, p. 319).Il avait la démarche incertaine et donnait le bras à une jeune fille tapageuse (Roy, Bonheur occas., 1945, p. 309).
3. Domaine de la peint.Qui provoque un contraste violent. Rien n'est criard comme une note tapageuse, placée dans un tableau dont toutes les parties ne sont pas équilibrées (Zola, Doc. littér., Poëtes contemp., 1881, p. 147).
REM.
Tapageusement, adv.D'une manière tapageuse. S'habiller tapageusement. Une section de pédagogie, laquelle n'a pas pu ouvrir pour un unique étudiant inscrit dans cette section! Voilà bien de nos van-tardises démocratiques et de ces montagnes accouchant tapageusement d'une souris (Amiel, Journal, 1866, p. 533).
Prononc. et Orth.: [tapaʒ œ:ʀ], fém. [-ø:z]. Att. ds. Ac. dep. 1762 (1762-1835 au masc., dep. 1878 au masc. et au fém.). Étymol. et Hist. I. Subst. 1743 « celui, celle qui fait du tapage » (Trév.); en partic. 1793-94 « agitateur, fauteur de désordre » (Desmoulins ds Vx Cordelier, p. 229). II. Adj. 1. ca 1770 « qui fait du tapage » il était bruyant et tapageur en paroles (J.-J. Rousseau, Confessions, VII, éd. B. Gagnebin et M. Raymond ds Œuvres compl., t. I, p. 329); 2. 1823 « qui cherche à attirer l'attention » vanité tapageuse (Boiste); en partic. 1856 toilettes tapageuses (Barrière et Dumanoir, Les Toilettes tapageuses, Paris, Lévy ds Klein Vie paris. 1976, p. 113); 3. 1867 peint. tapageuse lumière (Baudel., Curios. esthét., p. 272); 4. 1869 « qui provoque des commentaires; qui fait scandale » succès tapageurs (A. Daudet, Lettres moulin, p. 139). Dér. de tapage*; suff. -eur2*. Fréq. abs. littér.: 144.