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SUBODORER, verbe trans.
A. − Vieilli. Reconnaître une odeur; sentir de loin. Synon. flairer.Le garçon qui devait ramener les chevaux se tenait à leur tête et modérait leur allure, car ils hâtaient le pas, subodorant de loin le chaud parfum de l'écurie (Gautier, Fracasse, 1863, p. 182).[Les protestants] ne voient pas où est le Corps, n'étant pas des aigles, mais ils le subodorent infailliblement comme des chiens (Bloy, Journal, 1899, p. 365).
Part. prés. en empl. adj. C'était un être nocturne, ne dormant qu'au plein jour, (...) furtif et subodorant comme un renard (La Varende, Pays d'Ouche, 1934, p. 180).
B. − Cour. Sentir par intuition quelque chose qui est caché, latent. Synon. deviner, se douter de, flairer, pressentir, soupçonner.Subodorer une gaffe, une mésentente, un mystère, un piège, un secret, une supercherie, une vérité compromettante. À la grandeur de la barque, au nombre des rameurs, à la magnificence de l'installation, et surtout au pavillon d'Angleterre placé à la poupe, il avait subodoré avec son instinct mercantile quelque riche voyageur (Gautier, Rom. momie, 1858, p. 155).Quand il s'agit de Joseph, j'ai du flair, je devine tout. Quand il s'agit de papa, je subodore à distance la moindre de ses prouesses (Duhamel, Combat ombres, 1939, p. 27).
Subodorer que + prop. complét.J'avais une tendresse véritable pour ces deux êtres (...) et je subodorais qu'ils en avaient en retour pour moi (Richepin, Aimé, 1893, p. 62).
Prononc. et Orth.: [sybɔdɔ ʀe], (il) subodore [sybɔdɔ:ʀ]. Att. ds Ac. dep. 1835. Étymol. et Hist. 1. 1522 « flairer » (Guillaume Briconnet à Marguerite, Corresp., éd. Chr. Martineau, M. Veissière, H. Heller, t. 1, p. 172: la superceleste amour nous embrasera et tirera par ardant desir à ne sentir rien du monde, ains seullement savourer, subodorer et gouster nostre naissance celeste et fructiffier fruict de filliacion); 1808 (Boiste: Subodorer, fig. sentir de loin, à la trace [D'Alembert]); 2. 1648 « se douter de quelque chose » (Poussin, Lett. 22 juin ds Littré). Dér. de odorer*; préf. sub-*. Cf. au xvies. le lat. subodorari « avoir un soupçon » 1526 ds Latham, et au xviies. le fr. subodorer « mettre en doute » 1636 (Richelieu, V, 647 ds Haschke Richelieu, p. 80: Prenés garde quand vous parlerés à Chenelle, qu'elle ne puisse soubçonner qu'on ayt subodoré les escritures). Fréq. abs. littér.: 30. Bbg. Baldensperger (F.). Notes lexicol. R. de Philol. fr. et de Litt. 1927, t. 39, p. 63. − Gohin 1903, p. 262.