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SOMNOLENCE, subst. fém.
A. −
1. État intermédiaire entre la veille et le sommeil. Synon. demi-sommeil.Après vingt heures de ballottements, de somnolences lourdes et de réveils empâtés, Gaspard et ses compagnons débarquèrent dans un vague pays gris (Benjamin, Gaspard, 1915, p. 132).Le docteur s'assoupit, mais la première voiture de l'aube le tira de sa somnolence. Il frissonna et, regardant Tarrou, il comprit qu'une pause avait eu lieu et que le malade dormait aussi (Camus, Peste, 1947, p. 1453).
En compos. Demi-somnolence. Il n'y a qu'à regarder ces lettres lourdement contournées, inégalement tordues par l'ennui, pour voir que tout cela a été composé dans la torpeur d'une demi-somnolence (Renan, Souv. enf., 1883, p. 153).Quand il était las de cet état de demi-somnolence, il était pris d'un besoin de se remuer et de faire du bruit (Rolland, J.-Chr., Aube, 1904, p. 82).
2. MÉD. État d'assoupissement peu profond difficile à surmonter que l'on rencontre dans certaines maladies: intoxication, obésité, maladies infectieuses ou fébriles. Synon. torpeur.M. le duc de Luynes, à côté duquel j'ai souvent siégé, était devenu énorme; la graisse avait désorganisé sa belle figure, et il passa les dernières années de sa vie dans une somnolence presque habituelle (Brillat-Sav., Physiol. goût, 1825, p. 226).Enfin, le malade peut présenter une agitation violente, mais aussi un état dépressif marqué avec somnolence et indifférence totale (Quillet Méd.1965, p. 359).
3. Phase de l'hypnose où le sujet donne l'impression d'avoir envie de dormir et de ne plus pouvoir exécuter certains mouvements. Abramowski cite (...) la transmission d'un état de somnolence, mais il estime que celle du mouvement (d'un doigt par exemple) est plus difficile (...) que celle des mots, dont il s'est particulièrement occupé (Warcollier, Télépathie, 1921, p. 262).
B. − Au fig.
1. État d'inertie, de passivité d'une personne, d'un groupe social, d'une collectivité. Dans cette réunion de vingt jeunes gens de la ville qui protestaient ainsi contre sa somnolence sociale, il s'en trouva quelques-uns plus étroitement liés que les autres avec Max, ou qui firent de lui leur idole (Balzac, Rabouill., 1842, p. 382).Pendant cette période de somnolence de la France, nos éternels ennemis se préparaient, et rien n'est plus instructif que de comparer avec la nôtre la moyenne des dépenses qu'ils firent pendant cette même période, pour leurs différents services (Joffre, Mém., t. 1, 1931, p. 47).
2. P. méton. État d'engourdissement, d'inactivité de quelque chose, généralement d'un lieu. Une fois seulement, depuis le matin jusqu'au soir, cette somnolence de la petite rue est troublée par le passage de l'Armée du Salut (Bourget, Ét. angl., 1888, p. 325).Au bref, l'ambiante fromentine m'évoque encore l'ennui, une somnolence domestique, rurale, une prudence qui m'était, qui vous était trop familière et contre quoi nous nous rebellions (Blanche, Modèles, 1928, p. 198).
REM. 1.
Somnescence, subst. fém.,hapax. Sommeil, endormissement. On voit bien, reprit Cottard, que vous n'avez pas comme moi administré jusqu'à deux grammes de trional sans arriver à provoquer la somnescence (Proust, Sodome, 1922, p. 961).
2.
Somnolescence, subst. fém.,hapax, synon. de somnolence.Dans la matinée du jour où devait se signer le contrat de Paul et de Natalie, un de ces feux follets de l'âme brilla chez madame Évangélista pendant les somnolescences de son réveil (Balzac, Contrat mariage, 1835, p. 284).
3.
Semi-somnolence, subst. fém.Quant aux cellules d'entreprise, elles semblaient, malgré les injonctions périodiques de la direction du P-C, vivre en état de semi-somnolence, ne se réveillant qu'à l'occasion des campagnes électorales ou lorsqu'il était nécessaire de populariser un mot d'ordre important du Parti (Le Nouvel Observateur, 23 févr. 1976, p. 26, col. 1).
Prononc. et Orth.: [sɔmnɔlɑ ̃:s]. Att. ds Ac. dep. 1835. Étymol. et Hist. a) Ca 1380 sompnolence « manque d'activité, mollesse extrême » (Gaston Phebus, Livre des oraisons, éd. G. Tilander et P. Tucoo-Chala, 14, 8); 1517 [date du ms.] somnolence (J. Fossetier, Chronique margaritique, ms. Bruxelles 10512, VIII, IV, 29 ds Gdf. Compl.); b) 1474 [date du ms.] somnolance « disposition naturelle à dormir » (Mir. de l'âme, ms. Ste Geneviève 2204, f o31a ds Gdf. Compl.); c) 1530 « état intermédiaire entre le sommeil et la veille » (Palsgr., p. 271a); 1800 (Boiste). Empr., à diverses reprises, au b. lat.somnolentia, dér. de somnus (sommeil*). Fréq. abs. littér.: 241. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 114, b) 500; xxes.: a) 537, b) 336. Bbg. François (A.). La Désinence « ance » ds le vocab. fr. Genève-Lille, 1950, p. 83; 88 (s.v. somnescence).