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SERVANT, -ANTE, part. prés., adj. et subst. masc.
I. − Part. prés. de servir*.
II. − Adjectif
A. − Qui est employé au service de quelqu'un, d'une collectivité. Gentilshommes servants. Enfermés avec du miel sans leurs servantes nourrices, ils [les soldats fourmis] se laissent mourir de faim (Maurois, Sil. Bramble, 1918, p. 174).
En partic. Cavalier, chevalier servant. Jeune noble se vouant au service d'une dame et, p. ext., tout homme qui se met avec zèle au service d'une femme. [Les jeunes princes de Racine] naissent maîtres en galanterie; ce sont les cavaliers servants les plus attentifs et les plus polis (Taine, Nouv. Essais crit. et hist., 1865, p. 228).Elle se donne beaucoup de mal [Angèle, avec son jambon]; et les frères encore plus, ses chevaliers servants, debout de chaque côté de sa chaise (Butor, Passage Milan, 1954, p. 169).
B. − RELIG. Frère servant ou, p. ell., servant. Religieux convers employé aux travaux domestiques. Mon coquin de frère servant (...) lui a porté une cuisse de poulet (Mérimée, Théâtre Cl. Gazul, 1825, p. 132).Quand le servant [du monastère du Mont Cassin] arrivait portant les plats, sa forme noire, solitaire (...) semblait aussi celle d'une ombre (Taine, Voy. Ital., t. 1, 1866, p. 114).
C. − DR. Qui est soumis à une servitude. Fonds servant (p. oppos. à fonds dominant); fief servant (p. oppos. à fief dominant). (Dict. xixeet xxes.).
III. − Subst. masc.
A. − Vx. Homme chargé d'exécuter des travaux domestiques ou assurant le service de la table. Dans le hall à l'instar de celui de Terminus (...) je me heurte à une nuée de maîtres d'hôtel, de grooms, de portiers, de servants et de femmes de chambre (Lorrain, Sens. et souv., 1895, p. 274).
B. − Servant d'amour (vx.) ou, p. ell., servant. Amoureux. Il y a [à la Scala] telle femme très-noble qui se morfond dans sa loge avec son servant, et dont on se garde bien d'aller troubler le tête-à-tête (Stendhal, Corresp., t. 2, 1820, p. 207).Toutes [les compagnes de Marthe] trompaient leurs servants ou les faisaient toupiller comme des tontons (Huysmans, Marthe, 1876, p. 25).
C. − RELIG. Servant de messe ou, p. ell., servant. Clerc ou laïque assistant le prêtre dans la célébration de la messe. Un servant de messe doit aimer le latin, et qui aime le latin finit par l'apprendre, presque à son insu (Bernanos, Crime, 1935, p. 758):
Si Monsieur Kerhervé manquait d'un servant pour la messe, il se tenait à sa disposition! Le prêtre, qui, depuis hier, se demandait dans quelle sorte de pays il tombait, considéra l'offre comme une marque d'effronterie. Ah bien oui, un servant? C'est de fidèles surtout qu'il avait besoin! Queffélec, Recteur, 1944, p. 216.
Au fig. Cette éthique où nous avons mis notre ardente et notre unique complaisance réclame de ses servants un constant effort (Barrès, Barbares, Examen des trois rom. idéol., 1892, p. 22).
D. − ARM. Artilleur chargé d'approvisionner une arme lourde pendant le tir. Sur quinze servants d'une pièce d'artillerie, dix tombent, parce que l'on a estimé inutile de faire un abri pour eux. Cela se passe dans les premiers jours de l'offensive de juillet sur la Somme (Gide, Journal, 1916, p. 577).Comme il faisait chaud, les servants avaient retiré leur veste pour être à l'aise et, luisants de sueur, ils enfournaient leurs obus comme du pain (Dorgelès, Croix de bois, 1919, p. 181).
P. anal. Les officiers de ce restaurant avec leur morgue alliée à une évidente acceptation de la discipline, avec leur forte carrure, sont d'intéressants types d'humanité, mais des servants d'un autre idéal! (Barrès, Appel soldat, 1900, p. 330).
E. − SPORTS. [Dans les jeux de balle] Joueur qui met la balle en jeu, qui engage le jeu. V. serveur A 2.
F. − Vx. Petite étagère posée sur un buffet. (Dict. xixeet xxes.).
REM.
Servantisme, subst. masc.,rare. État d'esprit, manière d'être et de vivre propre à ceux qui servent, aux domestiques. Godefroid fit ample connaissance avec la grande Malvina, la légère baronne et la petite danseuse. Il tomba dans le servantisme le plus minutieux et le plus astringent (Balzac, Mais. Nucingen, 1838, p. 624).
Prononc. et Orth.: [sε ʀvɑ ̃]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. Ca 1050 subst. masc. « serviteur de Dieu » (Alexis, éd. Chr. Storey, 280) − xiies.; puis 1812 « celui qui sert la messe » (Mozin-Biber); 2. ca 1140 « serviteur » (Pélerinage Charlemagne, éd. G. Favati, 82), usité jusqu'au xvies. ds Hug.; spéc. av. 1224 « celui qui sert une dame, amant » (Moniot d'Arras, Chanson, éd. H. Petersen Dyggve, n oIII, vers 37, p. 77); 3. 1569 mobilier servant de buffect (Invent. du château de Condé ds Havard); 4. 1812 artill. (Mozin-Biber); 5. 1894 jeux de balle (Daryl, Jeux de Balle et de Ballon ds Petiot). Part. prés. subst. de servir*. Fréq. abs. littér.: 3 193. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 3 607, b) 6 192; xxes.: a) 6 064, b) 3 535. Bbg. Hollyman 1957, p. 81. − Quem. DDL t. 6.