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SÉPARABLE, adj.
Que l'on peut séparer, qui peut se séparer.
A. − [Corresp. à séparer 1reet 2eSection I] Des pirogues doubles, séparables ou unies indissolublement (Lowie,Anthropol. cult., trad. par E. Métraux, 1936, p. 181).V. indivisible ex. 1.
B. −
1. [Corresp. à séparer 1reet 2eSection II A] Lorsque deux choses [mobilières] appartenant à différens maîtres, qui ont été unies de manière à former un tout, sont néanmoins séparables, en sorte que l'une puisse subsister sans l'autre, le tout appartient au maître de la chose qui forme la partie principale, à la charge de payer à l'autre la valeur de la chose qui a été unie (Code civil, 1804, art. 566, p. 105).Les conditions germinales de l'hérédité sont liées à une multitude d'éléments ou d'unités séparables, indépendantes: les gènes (Cuénot, J. Rostand,Introd. génét., 1936, p. 10).
[En parlant de réalités abstr.] V. mais ex. 6.
LING. [En parlant d'un élém.]
Qui peut être séparé, dans la phrase, du mot qu'il modifie. Anton. inséparable (v. ce mot A 1 a).Ces savantes recherches (...) sont un grand pas de plus dans la route suivie par Horne-Toocke. Car elles font pour les prépositions inséparables, ce qu'il n'a fait que pour les prépositions séparables (Destutt de Tr.,Idéol. 2, 1803, p. 130).Obscures et sourdes merveilles de la particule séparable [dans la langue allemande] (Arnoux,Contacts all., 1950, p. 27).
Synon. de isolable.La langue chinoise ne comporte pas de morphème séparable (Philos., Relig., 1957, p. 38-4).
2. [Corresp. à séparer 1reet 2eSection II B]
a)
α) [En parlant des divers élém. d'un ensemble, d'un mélange hétérogène] À ces éléments non séparables [par les méthodes de la chimie] (...) [Soddy] donna plus tard le nom d'isotopes (MmeP. Curie, Isotopie, 1924, p. 25).
[En parlant de réalités abstr.] Ces rêveries (...) n'étaient plus séparables de son souvenir (Proust,Swann, 1913, p. 199).
β) [P. méton.] Coûts séparables. Coûts relatifs à chacun des projets qui composent un programme pris séparément. La solution proposée par les experts des projets spécifiques reste fidèle à la règle de la rentabilité. Elle consiste à distinguer les coûts séparables calculés comme il a été dit, pour chaque projet, et les coûts dits coûts joints: ceux-ci sont définis comme la différence entre la somme des coûts séparables et la somme des coûts du programme comportant une pluralité de projets (Univers écon. et soc., 1960, p. 26-13).
b)
α) [En parlant d'un élém. par rapport au milieu d'orig.] Cette susceptibilité [magnétique] extraordinaire pour un terrain sédimentaire s'explique par une concentration anormale de magnétite, grains visibles à l'œil nu et séparables à l'aimant (Rothé,Géophys., 1943, p. 377).
β) [Dans une perspective taxinomique] L'homme, tel que la science réussit aujourd'hui à le reconstituer, est un animal comme les autres, − tellement peu séparable, par son anatomie, des anthropoïdes, que les modernes classifications de la zoologie, revenant à la position de Linné, l'incluent avec eux dans la même super-famille des hominoïdés (Teilhard de Ch.,Phénom. hum., 1955, p. 179).
c) Au fig. [Gén. à la forme nég.] Ne pas être séparable de.Ne pas être envisageable indépendamment de. L'âme n'est pas séparable du corps, la structure de la fonction, la cellule de son milieu, la multiplicité de l'unité, le déterminant du déterminé (Carrel,L'Homme, 1935, p. 321).Les régimes politiques ne sont pas séparables de l'ensemble social dont ils font partie (Traité sociol., 1968, p. 9).
Prononc. et Orth.: [sepaʀabl̥]. Ac. 1694, 1718: se-; dep. 1740: sé-. Étymol. et Hist. 1. 1390 « qui peut être séparé d'un ensemble » (Evrart de Conti, Probl. d'Arist., B.N. 210, f o98d ds Gdf. Compl.); en partic. 1803 gramm. prépositions séparables (Destutt de Tr., loc. cit.); 2. 1626 « qui peut être divisé » (Alexandre Hardy, Aristoclée, 861); 3. av. 1755 fig. (St-Simon, 265, 77 ds Littré). Empr. au lat. class.separabilis « séparable », de separare, v. séparer. Fréq. abs. littér.: 63.
DÉR.
Séparabilité, subst. fém.a) Qualité de ce qui est séparable de quelque chose. Pascal (...) dans ses lettres dix-septième et dix-huitième, plaide tout à fait le thème qui s'intitule en style d'école la séparabilité du droit et du fait (Sainte-Beuve,Port-Royal, t. 3, 1848, p. 12).b) Qualité de ce qui est formé d'éléments séparables les uns des autres. Séparabilité des signifiants, variantes combinatoires ou facultatives (Coyaud,Introd. ét. lang. docum., 1966, p. 130). [sepaʀabilite]. 1resattest. a) 1700 « qualité de ce qui est séparable de quelque chose » la séparabilité du fait et du droit (L'Abbé Dumas, Hist. des cinq propositions de Jansenius ds Littré), b) 1960 « qualité de ce qui est formé d'éléments séparables » (Bourbaki, Hist. math., p. 109); dér. sav. de séparable, suff. -ité*; cf. le b. lat. separabilitas « qualité de ce qui peut être séparé » (Blaise Lat. chrét.).