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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

Saigneur

substantif masculin
* Mot issu de l'entrée SAIGNER
a)Rare.[En raison de l'homon. avec seigneur, sauf par jeu de mots ou p. dénigr.]
α)Vx, fam. Médecin qui abusait de la saignée. C'est un rude saigneur, un grand saigneur (Besch., 1845).
β) Personne qui saigne. Un saigneur de porcs. C'est ainsi qu'une ou deux fois l'an chacun demande au tueur de cochon, plaisamment appelé le « saigneur du village » (Brie), de tuer, brûler au feu de paille, gratter et dépecer le goret familial (Menon Lecotté, Vill. Fr., 1, 1954, p. 28).
γ)Arg. « Assassin qui fait crier sa victime » (Bruant 1901, p. 31). Saigneur à musique (Bruant 1901, p. 31).
b) Personne qui récolte le latex en saignant les arbres à caoutchouc. L'argent qu'il avait gagné en un an à faire travailler à coups de trique les saigneurs de hévéas des plantations de Malaisie (...), il l'avait toujours dépensé en moins d'une semaine (Vailland, 325.000 francs, 1955, pp. 181-182).
— [sεɳœ:ʀ]. Homon. seigneur. Ac. 1694-1878: -eur. — 1res attest. a) α) déb. xiiie s. sainneor « celui qui pratique la saignée » (Roman des Sept Sages, éd. J. Misrahi, 2763), β) 1680 « médecin qui ordonne de pratiquer la saignée » (Rich. t. 2), b) 1930 techn. (H. Fauconnier, Malaisie, p. 271 ds Rob. 1985); de saigner, suff. -eur2 *.