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ROMANCÉ, -ÉE, part. passé et adj.
I. − Part. passé de romancer*.
II. − Adj. [En parlant d'un récit écrit ou de son sujet, notamment d'une biogr.] Qui emprunte la forme du roman, qui mêle à l'histoire vraie des éléments imaginés pour agrémenter la narration. Mémoires romancés. L'on arrive parfois à se demander si l'histoire légèrement « romancée » − entendez par là aussi voisine de la romance que du roman − n'immortalise pas plus fidèlement la mémoire d'un héros et ne fait pas mieux comprendre son caractère que la stricte et froide photographie du réel (Vuillermoz,Vie amour. Chopin, 1927, p. 89).L'homme qui d'abord écrivait pour lui seul, se livre peu à peu, pour le public, à des amplifications, à des transpositions de sa propre histoire (...). J'ai trop l'amour du vrai pour n'avoir pas en horreur les vies romancées; mais je crois qu'il n'est pas de grande œuvre romanesque qui ne soit une vie intérieure romancée (Mauriac,Journal 2, 1937, p. 167).
Empl. subst. masc. sing. à valeur de neutre. Ce qui est présenté sous la forme d'un roman, qui relève de la fiction. À partir de 1914 apparaît une littérature expérimentale, une soumission du romancé au véridique, une prépondérance de l'enquête sur l'imaginé, une ère du témoignage (Arts et litt., 1935, p. 64-4).
Prononc.: [ʀ ɔmɑ ̃se]. Fréq. abs. littér.: 23.