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ROGNER2, verbe intrans.
Fam. Être en rogne, grogner, bougonner. Synon. pop. plus usuels râler, rouspéter.Dis donc, Ginginet cela s'appelle casser du sucre sur la tête du chef d'orchestre (...) ça le fera rogner, ce racleur! (Huysmans, Marthe, 1876, p. 14).J'aurai juste un accessit en gymnastique, il me l'a dit. Tu penses si le vétérinaire va rogner, je l'entends déjà: les sacrifices que je m'impose pour te préparer un avenir dont la famille n'ait pas à rougir. Vieux con (Aymé, Jument, 1933, p. 117).
Prononc. et Orth.: [ʀ ɔ ɳe], (il) rogne [ʀ ɔ ɳ]. Att. ds Ac. 1935. Étymol. et Hist. [xiiies. [ms.] ruignier « gronder » (Rom. de Kanor, B.N. 1446, f o8 v ods Gdf.; on est tenté de rapprocher le mot de l'a. fr. ruigier « rugir »)] 1876 (Huysmans, loc. cit.); certainement plus anc. à en juger d'apr. les dér. rogne2*, rognonner* et la présence du mot dans de nombreux dial., v. FEW t. 10, p. 461b. Dér. du rad. onomat. ron- qui exprime le grondement (cf. grogner, gronder, grommeler); dés. -er.
STAT.Rogner1 et 2. Fréq. abs. littér.: 181.