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PÉDÉRASTIE, subst. fém.
Attirance amoureuse et sexuelle d'un homme pour les jeunes garçons, enfants ou adolescents (avec ou sans rapports homosexuels correspondants); p.ext., homosexualité masculine. Synon. homosexualité, inversion* sexuelle (masculine), péché* contre nature, vice* contre nature (vx), sodomie, sodomisation, uranisme.Être enclin à, s'adonner à la pédérastie. [La morale de Lycurgue] encourageant le meurtre des Hilotes, le vol et la pédérastie (Fourier, Nouv. monde industr., 1830, p.40).L'amour pour l'amour conduit à la pédérastie, à l'onanisme et à la prostitution (Proudhon, Syst. contrad. écon., t.1, 1846, p.182).Je soutiens qu'un hétérosexuel coureur et débauché peut amener plus de trouble dans les ménages que ne ferait un pédéraste. Herbart fait judicieusement observer que les époques où la pédérastie a été le plus admise ne semblent nullement avoir été des époques de «dénatalité» (Gide, Journal, 1936, p.1259).
Rem. Les corresp. fém. (homosexualité féminine) sont lesbianisme, saphisme, tribadisme (vx).
Prononc. et Orth.: [pedeʀasti]. Att. ds Ac. dep. 1762. Étymol. et Hist. 1580 (J. Bodin, Demonom., fo145 vods Gdf. Compl.). Empr. au gr. π α ι δ ε ρ α σ τ ι ́ α «id.», dér. de π α ι δ ε ρ α σ τ η ́ ς v. pédéraste. Fréq. abs. littér.: 50.
DÉR.
Pédérastique, adj.,parfois péj. Qui a trait aux pédérastes, à la pédérastie. Des caresses des corps serpentants, ondulants, gracieusés en des contournements légèrement pédérastiques (Goncourt, Journal, 1881, p.138).Il défaillait de désir, le souffle lui manquait à chaque pas, mais il avait tellement l'habitude de marcher en silence auprès de jeunes vies sans soupçon qu'il avait fini par aimer pour elle-même la longue patience pédérastique (Sartre, Mort ds âme, 1949, p.124). [pedeʀastik]. 1reattest. 1862 (Goncourt, op.cit., p.1191); de pédérastie, suff. -ique*; cf. le gr. π α ι δ ε ρ α σ τ ι κ ο ́ ς «qui concerne l'amour pour les jeunes garçons», dér. de π α ι δ ε ρ α σ τ η ́ ς, v. pédéraste. Fréq. abs. littér.: 16.
BBG.Dub. Dér. 1962, p.39.