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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

PSAUME

substantif masculin
A. —RELIG. Chacun des cent cinquante poèmes religieux, jadis attribués au roi David, qui composent l'un des livres de la Bible et sont récités ou chantés dans les liturgies juives ou chrétiennes (abrév. ps.). Chanter, entonner, lire, traduire un psaume; verset d'un psaume; psaumes de lamentation, de louange; psaumes des complies, des matines, des laudes, des vêpres. Le psaume Laudate Dominum omnes gentes retentissait encore, quand le bedeau vint lui enlever son cierge (Huysmans, En route, t. 1, 1895, p. 100) :
Super flumina babylonis... J'aime les vers des exilés, le psaume de ceux qui, assis sur une rive étrangère, regardent s'écouler le temps et savent qu'ils ont manqué leur destin. (Barrès, Cahiers, t. 13, 1921, p. 104)
• Livre des Psaumes. Recueil des cent cinquante psaumes bibliques. Synon. psautier. En ouvrant le livre des Psaumes, il rencontra ce passage : « Tu les as renversés au moment où ils s'élevaient » (Thierry, Récits mérov., t. 2, 1840, p. 111).
• Psaumes graduels. V. graduel1.
• Psaumes de la pénitence, psaumes pénitentiaux. Ensemble des psaumes manifestant une même conscience du péché et un même désir de repentir. Pauvre Abigaïl qui n'inspirera jamais les magnifiques psaumes de la pénitence (Chateaubr., Mém., t. 4, 1848, p. 488). Abaisser plutôt votre cœur vers le Christ, (...) lire par exemple les Sept Psaumes pénitentiaux (Claudel, Corresp., [avec Gide], 1912, p. 197).
B. —P. méton.
1.LITT. Traduction, paraphrase versifiée de l'un de ces textes. Goudimel est surtout connu par son œuvre la moins importante, la réalisation en chorals des psaumes calvinistes de Clément Marot (D'Indy, Compos. mus., t. 1, 1897-1900, p. 160).
2.MUS. Composition musicale écrite sur l'un de ces textes. Elle commença d'une voix claire et vibrante un psaume de Marcello (Sandeau, Sacs, 1851, p. 61). Le Psaume 150 de Cesar Franck (Enseign. mus. 2, 1950, p. 10).
Remarques

Psalmistique

adjectif
relig.Psalmique (infra dér.). Un emprunt psalmistique (Claudel, Poète regarde Croix, 1938, p. 141).
Prononciation et orthographe
[pso:m]. Fér. 1768 « prononcez sôme ». C'est la prononc. anc., que Mart. Comment prononce 1913, p. 284, rapproche, quant au sort du [p] initial, de prononc. telles que un (p)'tit gars. Ac. 1694 : psalme, pseaume, Ac. 1718-1762 : pseaume ; dep. 1798 : psaume.
Étymologie et histoire
1re moit. xiie s. psalme (Psautier Oxford, éd. Fr. Michel, XVII, 53). Empr. au b. lat. eccl. psalmus, -i « id. » (ive s. ds Blaise Lat. chrét.). gr. ψαλμός « id. », p. ext. de « air joué sur la lyre avec ou sans chant », d'abord « pincement de la corde », dér. de ψάλλω « pincer, tirer ». Du lat. psalmus est également issue la forme d'a. et m. fr. salme « id. » ca 1150 (Wace, St Nicolas, éd. E. Ronsjö, 626) — av. 1630, Aubigné, Création, XII-III, 421 — ds Hug.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 641. Fréq. rel. littér. : xixe s. : a) 687, b) 587; xxe s. : a) 1 562, b) 884.
Dérivés

Psalmique

adjectif
Relatif aux psaumes. Phrase, style psalmique. C'est par une cantilène non accompagnée, semblable à deux versets psalmiques, qu'il demande grâce (Pelléas, acte V) (Emmanuel, Pelléas, 1929, p. 204). — [psalmik]. — 1res attest. 1824 (Le Nouvel Anti-Lucrèce, oratoire psalmique, Paris de l'impr. d'Eberhart, in -8° ds Fonds Barbier), 1869 (Littré); dér. sav. de psaume, suff. -ique*. Cf. le gr. eccl. tardif ψαλμικός « relatif aux psaumes » (ive s. ds Bailly), dér. de ψαλμός, v. psaume, et le lat. médiév. psalmicus « en forme de psaume » ixe s. ds Latham.