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PONTER2, verbe trans.
JEUX DE HASARD
A. − Qqn ponte qqc. (sur qqc.).Miser une somme (sur quelque chose). Les vieillards ne firent pas de mise; mais l'Italien (...) ponta sa masse d'or en opposition au jeu de l'inconnu (Balzac,Peau chagr., 1831, p.10).
B. − Empl. abs. Qqn ponte (sur qqc.).Miser (sur quelque chose). On me dit: «La banque perd, pontez roide.» Je lâche cinq cents francs (Goncourt,Ch. Demailly, 1860, p.104).Il doit y avoir de cette rage-là chez le joueur qui, forcé de quitter la table, apprend la sortie du numéro sur lequel il voulait ponter et qui lui aurait ramené trente-six fois sa mise (Bourget,Disciple, 1889, p.179).Je cherchais à savoir au juste quelles impressions diverses asseyaient à cette même table les quinze ou seize personnes qui pontaient (Bourget,Physiol. amour mod., 1890, p.362).
P. anal. Des entrepreneurs de tournées musicales (...) pontent sur une musique et ne pontent pas sur une autre (Boschot,Mus. et vie, 1931, p.213).
REM.
Pontage, subst. masc.Mise. Il nous restait net trois cents francs (...) que Bernard, naturellement, proposa aussitôt de risquer sur un dernier tour de roulette (...) au premier mot de pontage, je sautai sur les fonds communs (Courteline,Conv. Alceste, Margot, 1888, p.67).
Prononc. et Orth.: [pɔ ̃te], (il) ponte [pɔ ̃:t]. Att. ds Ac. dep. 1718. Étymol. et Hist. 1718 jeux «miser contre le banquier» intrans. (Ac.); 1831 trans. (Balzac, loc. cit.). Dér. (à l'aide de la dés. -er) de pont, forme anc. du part. passé masc. de pondre* (v. ponte1), propr. «poser, mettre»; cf. l'a. prov. ponher «poser» 1344 (Livres de comptes des frères Bonis, éd. E. Forestié, t.1, p.86), et le m. fr. poner relevé au xves. dans les pays de Loire au sens de «remonter des marchandises sur la rivière», et dep. 1721 en fr.-prov. au sens de «mettre de l'argent, payer», FEW t.9, p.161a. Le lat. class. ponere connaît l'accept. «déposer (un enjeu)».