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POLITIQUE2, subst. fém.
A.−
1. Au sing. [Avec art. déf.] Art de conduire les affaires de l'État, science et pratique du gouvernement de l'État. Pascal (...) serait bien près d'entendre le droit comme Hobbes et la politique comme Machiavel (Sainte-Beuve, Port-Royal,t. 3, 1848, p. 312).Rapprochement de la médecine et de la politique. En politique, il en est de même; les gouvernements systématiques sont renversés par des révolutions. Un gouvernement théorique ou expérimental, qui modifie ses idées à mesure que les faits se présentent, n'aura plus de révolution (Cl. Bernard, Princ. méd. exp.,1878, p. 116):
1. J'ai assez étudié, dit le seigneur du village, tous les livres qui traitent de la politique; j'ai lu les mémoires de mon bisaïeul, qui était un homme de sens; sans compter tous vos journaux. Je tiens pour le pouvoir absolu, parce que c'est selon moi le plus faible, le plus doux, le plus facile, le moins exigeant des pouvoirs. Alain, Propos,1924, p. 596.
[Dans ses rapports avec la mor.] Quant à la politique, la vie morale de chaque homme était tellement liée, pour lui [Platon], à la vie civile, qu'il dit que celui qui, à l'aide de la philosophie, s'est maintenu pur de l'injustice et de l'impiété, n'est cependant pas arrivé au plus haut degré, s'il n'a pu vivre dans un État bien constitué (P. Leroux, Humanité,1840, p. 63).Les philosophes du XVesiècle sont des moralistes préoccupés de définir les règles individuelles de la conduite humaine dans ses rapports avec la politique (Hist. sc.,1957, p. 1632):
2. Ce qu'ils appellent morale, c'est uniquement, exclusivement, la morale individuelle, celle qui règle les relations privées de personne à personne. Et ils s'imaginent que nous prétendons réduire la politique à la morale ainsi entendue, ce qui serait évidemment vider la politique de son contenu propre. Non, nous ne disons pas, et personne, je crois, n'a jamais eu la naïveté de dire que la politique se réduit à la morale individuelle ou n'est qu'une application de celle-ci... Maritain, Human. intégr.,1936, p. 230.
Étude, connaissance des phénomènes relatifs à la conduite des affaires de l'État. L'éducation était chez les Grecs une partie importante de la politique (Condorcet, Esq. tabl. hist.,1794, p. 59):
3. L'ouvrage que M. Littré a publié en 1879 sous ce titre : Conservation, révolution et positivisme est rempli des méprises que la doctrine positiviste lui a fait commettre en politique et en sociologie. Pourquoi en serait-on surpris? La politique et la sociologie sont des sciences où la preuve est trop difficile à donner. Pasteurds Travaux,1882, p. 430.
[Avec déterm. (adj. ou de + subst. ou équivalent) désignant une pers.] Conception ou théorie concernant la conduite des affaires de l'État :
4. À la différence de Platon qui procède par construction, Aristote base sa politique sur l'expérience. Dans un écrit malheureusement perdu on a vu qu'il avait étudié les constitutions de divers États grecs. Pourtant il partage avec Platon les préjugés communs à toute l'antiquité. Platon et Aristote confondent en effet la politique et la morale. Pour eux d'abord la politique est une science pratique qui consiste à rendre les hommes vertueux et heureux. C'est la science de l'éducation par l'État. A. Barre, Aristote,Paris, Méricant, s.d., p. 38.
P. méton. [Avec majuscule] Je pioche le plan de ma Politique (Flaub., Corresp.,1878, p. 98).La diversité des cités, écrit saint Thomas dans son commentaire sur la Politique [d'Aristote], provient de la diversité des fins, ou de manières différentes de tendre à une même fin (Maritain, Human. intégr.,1936p. 150).
2. Au sing. ou au plur. [Avec art. déf. ou indéf.]
a) Conduite effective des affaires publiques, menée, suivant certains principes, par les gouvernants d'un État. Politique actuelle, à court/long terme; choix, efficacité, principes, responsable d'une/de la politique; adopter, orienter, suivre une/la politique; changer de politique. On peut (...) définir le gouvernement comme l'organe qui est chargé d'appliquer le droit positif en vigueur et d'élaborer et conduire la politique de la nation dans des conditions de relations avec l'organe délibératif et de partage des facultés de décision qui varient selon la nature du régime (Belorgey, Gouvern. et admin. Fr.,1967, p. 19).
SYNT. Politique du jour, à suivre; adoption, application, conduite, continuation, définition, élaboration, exécution, lignes, mise en œuvre d'une politique; appliquer, avoir, coordonner, diriger, mener, pratiquer une politique.
[Avec déterm. évoquant l'agent d'application]
[Déterm. adj. ou de + subst.] Politique alliée, bismarckienne, soviétique; politique de la France, d'un gouvernement. Il est évident que ces trois actes de la politique de Bonaparte, la paix, le concordat, le consulat à vie, sont les trois aspects d'une même pensée, d'une volonté toute personnelle (Sand, Hist. vie,t. 2, 1855, p. 2).En plein XXesiècle l'Otan est une phase de cette lutte (qui dure depuis la politique de Richelieu contre la maison d'Autriche) pour l'équilibre international (Sibert, O.T.A.N.,1956, p. 16):
5. La manière dont procédera la politique britannique à propos de la Syrie sera un critérium d'une très grande importance. C'est la première fois que les forces britanniques, unies à celles de la France libre, pénètrent sur un territoire soumis à l'autorité de la France. Il se trouve, en outre, que les tendances de la politique britannique y ont rarement coïncidé avec les tendances de la politique française. De Gaulle, Mém. guerre,1954, p. 432.
SYNT. Politique allemande, américaine, espagnole, européenne, gouvernementale, occidentale; politique de l'Angleterre, de l'Europe, des grandes puissances, d'un ministre, d'un pays, du président.
[Déterm. subst. en appos.] Quand on la suppose fondée sur le réel, au lieu de poser sur des imaginations, la politique Delcassé réalise le bon sens même (Maurras, Kiel et Tanger,1914, p. 218).Mais c'est Paris, quand même, qui a permis au petit mécanicien [René Monory] devenu chef d'entreprise prospère, au maire devenu sénateur, à l'obscur notable devenu ministre de faire mettre en œuvre, grâce au soutien de Barre, la « politique Monory » (L'Express,16 juill. 1980, p. 44, col. 2).
[Avec déterm. adj. ou de + subst. évoquant la manière particulière de mener une politique] Politique astucieuse, conventionnelle, évasive, incohérente, inflationniste, opportuniste, pragmatique, réaliste; politique en accordéon, de l'escarpolette. Sa propension [de Spears] à mener une politique personnelle entre celle de son gouvernement et celle de l'autorité auprès de laquelle il se trouve en mission (De Gaulle, Mém. guerre,1954p. 590).La politique des « petits pas », brillamment mise en œuvre par M. Henry Kissinger au lendemain de la guerre d'octobre 1973, a fait son temps. Elle a permis d'éviter une reprise des hostilités et de rétablir une solide influence américaine sur le monde arabe, mais elle s'est dangereusement enlisée (L'Express,18 juill. 1977, p. 38, col. 2).Politique de la « chaise vide ». Le Général De Gaulle avait choisi de pratiquer − notamment à Genève − la politique de la « chaise vide ». Son objectif : signifier ainsi bien haut aux deux Grands (le Russe et l'Américain) que la France n'entendait pas (...) se voir imposer une politique de défense contraire à ses intérêts (Le Point,8 mai 1978, p. 68, col. 2).
[Avec déterm. évoquant ce qui inspire la politique suivie (tendance, principe, idéologie)] Politique belliqueuse, centriste, contractuelle, écologique, idéaliste, libérale, néo-libérale, pacifiste, socialiste; politique proarabe, antinucléaire; politique du bâton, de droite, de gauche, du levier, de la main tendue; politique d'austérité, de grandeur, anti-hausse, extrémiste, jusqu'auboutiste, modérée. En cette année 1903, la politique anticléricale de Combes atteignit un rare degré de violence (Billy, Introïbo,1939, p. 104).V. politique1I B 1 b γ ex. de Gobineau :
6. Il s'agit de se représenter l'homme de notre temps, et cette idée de l'homme dans le milieu probable où il vivra doit être d'abord établie. Elle doit résulter de l'observation précise, et non du sentiment et des préférences des uns et des autres, − de leurs espoirs politiques, notamment. Rien de plus coupable, de plus pernicieux et de plus décevant que la politique de parti en matière d'enseignement. Valéry, Variété III,1936, p. 275.
[Avec déterm. évoquant le domaine où s'exerce la politique] Politique agricole, culturelle, générale, internationale, scientifique, touristique; politique de l'éducation, des prix, des transports. Le malheur des pays libres est de ne pouvoir presque jamais faire de la diplomatie au moyen des tarifs, les moindres changements introduits dans ceux-ci ayant immédiatement un contre-coup sur la politique intérieure (Tocqueville, Corresp. [avec Gobineau], 1850, p. 148).La coordination mondiale des politiques économiques s'est épuisée en rapports, en résolutions vaines, auxquelles aucun gouvernement n'a jamais prêté la moindre attention (Univers écon. et soc.,1960, p. 40-2).Un changement radical des pratiques actuelles de l'urbanisme s'impose, dont les exigences se combinent avec celles de la politique du logement (Univers écon. et soc.,1960p. 26-1).
SYNT. Politique aéronautique, budgétaire, coloniale, commerciale, commune, douanière, énergétique, étrangère, extérieure, financière, fiscale, foncière, forestière, industrielle, laitière, locale, militaire, monétaire, mondiale, nataliste, nationale, régionale, sociale, tarifaire; politique du crédit, de la fonction publique, du pétrole, des revenus, des salaires, de la santé; politique de l'environnement, des loisirs, du temps libre.
[Déterm. adj. évoquant un pays qui est l'objet de la politique] La politique russe de Poincaré est effarante (Martin du G., Thib.,Été 14, 1936, p. 138).L'armée constituait le fer de lance de la politique algérienne du pouvoir (Serv. milit. et réf. arm.,1963, p. 45).
[Avec déterm. de + subst. évoquant le but visé, l'orientation] Politique d'aide à la famille, de croissance, de décentralisation, de développement, de désarmement, de dissuasion, d'expansion, de paix, de plein emploi, de reboisement. Du jour où vous êtes entré dans la politique d'action au dehors (Clemenceau, 1884ds Fondateurs 3eRépubl., p. 224).Pour que la politique de réformes soit possible, pour qu'elle soit efficace, pour qu'elle inspire confiance au peuple allemand, il faudra que le parti socialiste contribue à la diriger (Jaurès, Ét. soc.,1901, p. 57):
7. La politique des nationalisations aboutit donc à mettre entre les mains des gouvernements un puissant moyen d'agir sur l'ensemble de l'économie. Encore faut-il que ce levier, qui peut soulever un monde, soit manié par un pouvoir habile et ferme en ses desseins. Chenot, Entr. national.,1956, p. 31.
b) P. anal. Ligne de conduite raisonnée, en particulier d'une entreprise, d'une institution.
[Sans qualificatif, mais avec déterm. adj. ou de + subst.]
[Avec déterm. évoquant l'agent] Politique des éditeurs, des employeurs, d'un syndicat. Venons à la politique de la compagnie [l'Académie royale des sciences] (Marat, Pamphlets,Charlatans mod., 1791, p. 289).La famille Cruchot, dont la politique était sagement dirigée par le vieil abbé (Balzac, E. Grandet,1834, p. 228).La promotion peut être l'objet d'une politique de l'usine (Traité sociol.,1967, p. 457).
[Avec déterm. à valeur de caractérisation] Politique de facilité, du moindre effort. J'écoute leur effet [des objets sonores] au micro. Politique d'autruche, puisque le micro ne donne que le son brut avec quelques effets secondaires, et que, qualitativement, il n'ajoute rien (Schaeffer, Rech. mus. concr.,1952, p. 14):
8. éva : Quoi! Cela ne vous séduirait pas d'embrouiller si bien les gobelets de ce saltimbanque, qu'il ne se retrouvât plus dans ses muscades? Mais ce serait joli, ça, ce serait piquant, ce serait drôle! le prince : Très-drôle!... Mais politique de femme. éva : Pas si sotte... Ne jamais aborder l'obstacle, mais le tourner!... Sardou, Rabagas,1872, I, 14, p. 43.
[Avec déterm. définissant le domaine] Si je commençais de jeter les dés sur un papier, je n'amenais que les mots témoins de l'impuissance de la pensée : génie, mystère, profond..., (...). J'avais beau chercher à me leurrer, cette politique mentale était courte (Valéry, Variété[I], 1924, p. 188).Chaque tempérament appelle ainsi toute une politique de l'ambiance : alimentation, boisson, vêtement, habitation, hydrothérapie, luminosité, repos, etc. (Mounier, Traité caract.,1946, p. 185).
[Avec déterm. subst. en appos., avec ou sans trait d'union] [Le directeur de marketing] devra, en relation avec l'équipe de ventes : déterminer notre politique-clients (L'Express,20 juin 1977, p. 138, col. 2).[Le Directeur des ventes] animera la force de ventes et il assistera, aux côtés de la Direction Générale, à l'élaboration de la politique commerciale et de la politique produit (L'Express,11 sept. 1981, p. 165).
[Avec déterm. définissant l'orientation] Politique de financement, d'investissements d'une entreprise; politique du silence. Degas, Gustave Moreau ont chéri la politique du mystère; plus ils se claquemuraient, cachaient leurs toiles, plus s'affermissait leur influence sur disciples et amateurs (Blanche, Modèles,1928, p. 202):
9. Cette vipère, ma vipère, dûment étranglée mais partout renaissante, je la brandis encore et je la brandirai toujours, quel que soit le nom qu'il te plaise de lui donner : haine, politique du pire, désespoir ou goût du malheur! H. Bazin, Vipère,1948, p. 276.
[Avec qualificatif] Commencez-vous d'entrevoir qu'un mariage entre le fils Stamply et Mademoiselle de La Seiglière serait, de votre part, un acte de politique haute et profonde? (Sandeau, Mllede La Seiglière,1848, p. 222).La passion était venue ainsi qu'il arrive, à force de la simuler, et l'adroite politique d'Émilia l'avait rapidement portée au comble (Bourges, Crépusc. dieux,1884, p. 63).
Il est d'une (vieilli), de bonne/mauvaise politique de + inf. Il serait d'une bonne politique d'exiger d'un botaniste, d'un conchyologiste (...) et de tous les savans, de parcourir au moins une fois dans leur vie, et à un âge raisonnable, ces belles régions (Baudry des Loz., Voy. Louisiane,1802, p. 154).Il serait, à mon avis, d'une mauvaise politique pour nous de parler en exterminateurs (Proudhon, 1846ds Doc. hist. contemp., p. 237).Il est (...) de bonne politique pour le rédacteur d'une revue technique de ne point mêler la publicité à sa documentation (Civilis. écr.,1939, p. 32-15).
3. Au sing. [Gén. avec art. déf. ou partitif] Ensemble des affaires publiques, domaine d'action relatif à la conduite des affaires de l'État. Être attiré par la politique, s'occuper de politique. La politique est au calme plat (Flaub., Corresp.,1869, p. 27).La politique, c'est insupportable! À l'heure qu'il est, elle s'est emparée des plus réfractaires et on la sent toute prête à apporter la brouille dans les relations les plus intimes (Goncourt, Journal,1877, p. 1202):
10. Lire un article de politique, écouter les informations à la radio, ce n'est pas s'engager dans une activité politique. Ce type de conduite est symbolique et d'une signification incertaine : il peut être le prélude à un engagement réel ou n'en représenter que le substitut, l'intérêt accordé à la politique constituant alors un simple jeu de l'esprit. Dumazedier, Ripert, Loisir et cult.,1966, p. 294.
Faire de la politique. Il ne fallait plus faire de politique, mais s'amuser, gaudrioler et jouir (Goncourt, Journal,1860, p. 775).Faire de la politique, soit, mais pourquoi en parler à tout bout de champ? (Beauvoir, Mandarins,1954, p. 252).
Causer, discuter, parler (de) politique. Vous avez raison, il ne faut parler politique qu'avec les gens de son opinion... et encore! Le seul moyen de convertir quelqu'un est de savoir d'avance qu'il est de votre avis (Flaub., Corresp.,1872, p. 69).S'il parle politique, c'est sans fracas, sans digressions prophétiques (J. Bousquet, Trad. du sil.,1936, p. 141).V. formule B 1 b ex. de Martin du Gard.
P. méton.
Carrière consacrée à tout ce qui concerne les affaires d'un État et leur conduite. Entreras-tu enfin dans la politique? Par le conseil général? C'est la bonne voie (Lamart., Corresp.,1834, p. 64).Quand j'eus huit, neuf, dix ans, mon père songea à la politique (Colette, Mais. Cl.,1922, p. 67).
Entrer, entrée en politique. (Fait de) se consacrer à une carrière politique. Au moment où ils sont entrés en politique, 41 pour cent des ministres faisaient carrière dans l'administration (Le Point,16 août 1976, p. 20, col. 1).
Ensemble des personnes qui s'occupent de tout ce qui concerne les affaires d'un État. Aussi, de phrase en phrase, Dauriat grandissait-il dans l'esprit de Lucien, qui voyait la politique et la littérature convergeant dans cette boutique (Balzac, Illus. perdues,1839, p. 301).La politique bien des fois a reculé devant la détestable échéance [un conflit armé], qu'elle sait cependant devoir être la conséquence la plus probable de son activité fatale et de la naïve bestialité de ses mobiles (Valéry, Variété IV,1938, p. 65).
B.− P. méton., au sing. Habileté manifestée dans les rapports avec les autres et qui consiste essentiellement à amener autrui à faire ce que l'on désire, sans pour autant dévoiler ses propres intentions. Je suis effrayé du peu d'affection qu'on lui porte [à Feydeau] et je passe ma vie à le défendre; or, j'ai fort à faire, car il manque entièrement de politique (Flaub., Corresp.,1860, p. 369).Charles d'Este (...) avait mis sa politique à entretenir sournoisement les inimitiés de ses familiers (Bourges, Crépusc. dieux,1884, p. 70):
11. isotta : Certes, la promptitude de votre volte est une merveille de politique. Mais chacun sait que, pour la souplesse et l'audace, le Saint-Siège et Venise, il n'y a qu'eux. Et comme vous êtes, Très-Saint-Père, à la fois pape et Vénitien... le pape : J'ai agi par politique, mais aussi par générosité, et j'ai poussé à l'extrême cette générosité. Montherl., Malatesta,1946, III, 5, p. 498.
Par politique. Par calcul intéressé. Mon père a bien raison de dire qu'on est bien peu généreux à leur égard, et que leur fidélité et leur courage devraient leur attirer, ne fût-ce que par politique, les bienfaits, ou du moins la protection des souverains (Sénac de Meilhan, Émigré,1797, p. 1558).V. supra ex. 11 :
12. Paul croyait s'être réussi une figure; en réalité, il s'était contenté de ne pas combattre ses défauts. Cette mauvaise herbe l'avait peu à peu envahi et il trouvait plus commode de faire penser qu'il agissait par politique alors que ce n'était que faiblesse. Prudent jusqu'à la lâcheté, il fréquentait divers milieux; il pensait qu'il faut avoir un pied partout. Radiguet, Bal,1923, p. 24.
REM. 1.
Politicisme, subst. masc.,hapax. Théorie selon laquelle les événements et les transformations historiques sont dus essentiellement à la politique et à ses évolutions. Le politicisme transcendé. L'idée d'une rénovation chrétienne de l'ordre temporel s'oppose aussi à la conception politiciste qui est proprement la corruption de la politique elle-même (Maritain, Human. intégr.,1936, p. 228).
2.
Politiciste, adj.,hapax. Qui relève du politicisme ou lui est propre. V. politicisme ex.
3.
Politico-, politiquo-, élém. formant,vieilli, rare. V. politiquomancie (s.v. -mancie B) et aussi :
Politicomanie, subst. fém.Manie de la politique. [Je résolus] de ne remettre les pieds à Paris que quand hommes et femmes seront guéris de la politicomanie (Pain, Nouv. tableaux de Paris,1828, p. 249 ds Quem. DDL t. 3).
4.
-politique, élém. de compos.entrant dans la constr. de qq. subst. fém. où le 1er élém. est un préf.a)
Anti-politique. Politique qui nie les principes reconnus d'une ou de la politique. Vous arrivez à l'écologie par la politique. − Par l'anti-politique (Le Sauvage, 1erjanv. 1978, p. 40, col. 2).
b)
Contre-politique. Politique dont les principes sont opposés à ceux d'une autre politique. Et voilà que, franchissant la frontière de la loi de 1948 qui bloque les loyers des logements anciens, Nora fait le procès de la politique menée en France depuis trente ans et propose une contre-politique non seulement pour l'habitat ancien mais pour l'ensemble du logement (Le Nouvel Observateur,19 janv. 1976, p. 22, col. 1).
Prononc. et Orth. : [pɔlitik]. Att. ds Ac. dep. 1718. Étymol. et Hist. 1. Ca 1268 « science et pratique du gouvernement » (Brunet Latin, Trésor, éd. F. J. Carmody, I, 4. 5 et III, 1. 1); 2. a) 1640 « manière particulière de gouverner, principes d'action, conduite dans le domaine public » (Corneille, Cinna, V, 1); b) 1651-57 « manière d'agir, conduite dans un domaine privé » (Scarron, Roman comique, éd. E. Magne, p. 407 ds IGLF); 3. 1656 « habileté, subtilité dans la conduite » (Pascal, Provinciales, III, éd. L. Lafuma, Seuil, 1963, p. 381b); 4. 1675 « les affaires publiques, activité relative à l'exercice des pouvoirs dans un État » (E. Flechier, Oraisons funèbres, t. 1, 1691, Turenne, p. 185); 1817 parler politique (Staël, Consid. Révol. fr., t. 2, p. 31); 1831 faire de la politique (Musset ds Le Temps, p. 22); 5. 1680 « ouvrage, traité de politique » (Rich.), souvent p. réf. aux Politiques d'Aristote trad. par Oresme, 1371. Empr., par l'intermédiaire d'une forme de lat. tardif politice, au gr. π ο λ ι τ ι κ η ́ « science des affaires de l'État, affaires de l'État », subst. de l'adj. π ο λ ι τ ι κ ο ́ ς, v. politique1, parallèlement à policie, du lat. politia (v. police) et à politiques, trad. du neutre plur. subst. de politicus, -a, -um, gr. τ α ̀ π ο λ ι τ ι κ α ́ « les affaires publiques, ce qui concerne l'État » dans le titre de l'ouvrage d'Aristote dont la trad. la plus anc. qui ait subsisté du texte lat. en fr. est celle d'Oresme (1372-74, Le Livre de Politiques d'Aristote, éd. A. D. Menut, introd., p. 11).
STAT. − Politique1 et 2. Fréq. abs. littér. : 16 066. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 28 883, b) 16 861; xxes. : a) 16 715, b) 24 594.
DÉR. 1.
Politicaille, subst. fém.,péj. Politique envisagée sous un angle déprécié ou méprisable. On lui passa bien encore [au comte de Paris] sa visite à Frohodorf; mais, quand il se permit d'ouvrir ses salons, ce fut un tollé général. Dans le monde de la politicaille exclusivement, bien entendu (Coppée, Franc-parler II,1896, p. 75).V. aussi Clemenceau, Vers réparation, 1899, p. 380. [pɔlitikɑ:j], [-aj]. 1resattest. 1884 (Le Matin français, 3 sept. ds Annuaire de l'Univ. de Sofia, Fac. Lettres, 1970, p. 41, Les Néol. ds l'Œuvre de J. Vallès); de politique2, suff. -aille*.
2.
Politicailler, verbe intrans.,péj. a) Tenir des propos sans valeur sur des questions de politique. Ai rencontré Berruy... et suis resté à politicailler jusqu'à cette heure (Barb. d'Aurev., Mémor. 2,1838-39, p. 289).De tous ceux-là qui écrivent et politicaillent, il n'en est pas un dont le catholicisme ne se manifeste à moi par des effets monstrueux (Gide, Corresp.[avec Claudel], 1926, p. 189).b) Pratiquer une politique considérée comme dépréciée ou méprisable. Je dirais même que Guy Mollet, qui pourtant savait aussi politicailler, était également un homme d'État (Le Point,10 janv. 1977, p. 89, col. 3). [pɔlitikɑje], (il) politicaille [pɔlitikɑ:j]. 1reattest. 1838-39 « discuter politique » (Barb. d'Aurev., loc. cit.); de politique2, suff. -ailler*.
3.
Politicaillerie, politiquaillerie, subst. fém.,péj. Politique, pratique politique de bas étage. Les masses ne sont menées ni par la faim ni par la soif, ni par la politique ou politiquaillerie courante (L. Daudet, Astre noir,1893, p. 139).Beaucoup de leurs soldats [turcs] ont perdu la foi et la plupart de leurs officiers ont négligé le métier des armes pour se plonger dans la plus naïve politicaillerie (Loti, Turquie agonis.,1913, p. 45).Celles-ci [les méthodes du Rassemblement national-populaire] (...) marqueront une rupture totale avec les politicailleries du passé (L'Œuvre,16 févr. 1941). [pɔlitikɑjʀi]. 1resattest. 1877 politiquaillerie (Vallès, Le Proscrit, 10 juill., p. 147 ds Quem. DDL t. 1), 1907 politicaillerie (France); de politique2, suff. -aille* et -erie*.
4.
Politicailleur, politiquailleur, subst. masc.,péj. Celui qui politicaille. Son mari, architecte, « politiquailleur », était la bête noire de la marquise (Gyp, Raté,1891, p. 24).Les fameux condamnés à mort sont des épouvantails et des marionnettes inventés par les pires politicailleurs (Duhamel, Maîtres,1937, p. 154).Empl. adj. À notre époque surencombrée de livres nombrilistes, psychodramatisés, politicailleurs et généralement illisibles, il [Walter Lewino] nous jette en toute simplicité un livre de choc que l'on dévore dans la joie, la curiosité et l'enthousiasme (Le Point, 1er mai 1978, p. 105, col. 2). [pɔlitikɑjœ:ʀ], [-a-]. 1resattest. 1862 politiquailleur (Baudel., Art romant., Une réforme à l'Ac., p. 573), 1937 politicailleur (Duhamel, loc. cit.); de politique2, suff. -aille* et -eur2*.
5.
Politicard, politiquard, -arde, adj. péj.a) Qui se mêle de politique, qui pratique une politique dépréciée ou méprisable. Le change de la £ est actuellement 34,50, grâce aux acrobaties des financiers politicards [Philipon] (Toulet, Corresp. avec un ami,1920, p. 166).Empl. subst. Sur le flanc de ces régiments, je revoyais, ceints d'écharpes en arc-en-ciel, les anciens avocassiers ou politiquards (Vallès, Le Réveil,5 déc. 1881ds Le Cri du Peuple, p. 228 (Éd. fr. réunis, 1953) ds Quem. DDL t. 2).b) Qui relève d'une politique dépréciée ou méprisable. Réprouvant fort, dans le Mercure, cette littérature pornographique, politiquarde et suissarde (Léautaud, Journal littér.,4, 1922, p. 25). [pɔlitika:ʀ], fém. [-aʀd]. 1resattest. 1881 les anciens avocassiers ou politiquards (Vallès, loc. cit.), 1898 vieille bête politicarde (A. Daudet, Soutien de famille, Paris, Libr. de France, 1929, p. 242); de politique2, suff. -ard*.
COMP. Politique-fiction, subst. fém. Construction intellectuelle, généralement réalisée sous forme d'œuvre littéraire ou cinématographique, visant à une peinture d'événements politiques dans laquelle l'imaginaire a une place prépondérante, ces événements étant situés dans le passé ou dans le présent ou, souvent, considérés comme possibles dans un avenir plus ou moins éloigné. [« Todo Modo », d'Elio Petri.] Dans une Italie sans date ni régime précis (nous sommes dans une politique-fiction « noire »), tous les hommes du pouvoir, politiciens et financiers, se réunissent dans un ermitage, hôtel futuriste truffé de souterrains, pour s'y adonner à des exercices spirituels prônés par saint Ignace de Loyola (Le Point, 31 janv. 1977, p. 81, col. 1). [Trente-six heures avant le débarquement] (...). Une politique-fiction, quelques jours avant le débarquement (Le Nouvel Observateur, 6 juin 1977, p. 26, col. 1). Si, aujourd'hui, l'on ne s'intéresse pas seulement à Commynes comme à un personnage de complément, mais aussi comme à un écrivain de race, c'est parce qu'un journaliste romancier bouillant d'idées s'est abrité derrière le pseudonyme « Philippe de Commines », à l'automne de 1977, pour publier un récit de politique-fiction intitulé « Les 180 jours de Mitterand »! (Le Point, 19 févr. 1979, p. 102, col. 3). [pɔlitikfiksjɔ ̃]. Plur. des politiques-fictions. 1resattest. 1968 (L'Express, 4-10 nov., p. 68, col. 1); de politique2et de fiction* prob. sur le modèle de science-fiction*.
BBG. − Quem. DDL t. 1, 4 (s.v. politicaillerie et politicisme). Rabotin (M.). Le Vocab. pol. et socio-ethnique à Montréal de 1829 à 1842. Montréal-Paris-Bruxelles, 1975, p. 43. Schalk (F.). Zur Geschichte von politique. In : [Mél. Lommatzsch (E.)]. München, 1975, pp. 333-340. Siccardo (F.). Police. Genova, 1979, p. 16, 118. Stegmann (A.). Le Mot politique ... Cah. Lexicol. 1968, t. 13, pp. 37-48. Tournier (M.). Un Vocab. ouvrier en 1848 : essai de lexicométrie. Thèse, St-Cloud, 1975, p. 346, 474, 595, 657. Vardar Soc. pol. 1973 [1970], pp. 286-289.