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* Dans l'article "PERCHER,, verbe"
PERCHER, verbe
I.
A.− Empl. intrans. et pronom. réfl. [Le suj. désigne un oiseau] Se poser, se tenir sur une branche, sur un support ou, plus généralement, dans un endroit élevé. Percher (...) s'entend de l'habitude qu'ont certains oiseaux de se poser sur une perche ou sur une branche, par opposition à certains autres oiseaux qui jamais ne s'y posent; tandis que se percher signifie plutôt l'action de se poser sur une perche, sur une branche, à la fin du vol (Besch.1845).On chasse les ramiers à l'affût en octobre, alors que, à la tombée du jour, ils viennent gavés de faînes de hêtres se percher pour y passer la nuit (Vidron, Chasse,1945, p. 67):
1. [Les poulets] trottent tout de suite sur leurs pattes fragiles, picorent la mie de pain ou le riz qu'on leur jette, et bientôt, on ne sait comment, sautent sur tout et s'y perchent. Pesquidoux, Chez nous,1921, p. 247.
B.− Empl. intrans.
1. [Le suj. désigne une pers.]
a) Pop., fam. Loger (dans un endroit élevé); p. ext., habiter. Synon. fam. nicher.Le député qui perche à Paris ne craint nullement les dîners en ville, surtout quand ces dîners ne sont pas sans façon (Reybaud, J. Paturot,1842, p. 361).Je découvrais les lieux et les choses autour de moi (...) la chambre de l'hôtel où elle perchait (A. Boudard, Café du pauvre,Livre de poche, 1985, p. 196):
2. − Où qu' tu perches, maintenant, le beau môme? − Au premier; C'est aussi discret et le pieu est plus large qu'ici... L. Daudet, Ariane,1936, p. 59.
b) Vieilli. Loger au hasard, tantôt ici, tantôt là. Celle-ci [sa chambre] était si sommairement meublée et si en désordre, qu'il en avait honte. − Oh! je ne demeure pas, je perche, répondit-il (Zola, Bête hum.,1890, p. 107).
2. [Le suj. désigne un lieu, une ville, un édifice] Fam. Se trouver, être situé, généralement dans un endroit élevé. Celui-ci [le village] perche au haut d'un roc comme certains bourgs de l'Ombrie (Gide, Immor.,1902, p. 370).
[Le suj. est un dém. neutre] Sais-tu où ça perche, toi, les rues Lipscani, Serindar, Bulandra?... Conan m'interrompit : − Ça doit sûrement être les rues de bocards! (Vercel, Cap. Conan,1934, p. 38).« Trèves, dit Moûlu. Où c'est que ça perche? » « C'est dans le Palatinat », dit Schneider (Sartre, Mort ds âme,1949, p. 288).
II.− Empl. trans. [Le suj. désigne une pers.]
A.−
1. Fam. Placer, mettre dans une position, dans un endroit élevé. Il percha le marbre [de la commode] sur son épaule avec un effort considérable (Maupass., Contes et nouv.,t. 1, En fam., 1881, p. 356):
3. En jouant dans la cour, l'enfant avait plu au cocher (...) et celui-ci avait consenti à le percher sur Squilindre, tandis que lui-même, monté sur Pimante (l'autre cheval de carrosse), tenait le bridon... Sand, Beaux MM. Bois-Doré,t. 1, 1857, p. 108.
Empl. pronom. réfl. Tarrou s'était levé pour se percher sur le parapet de la terrasse, face à Rieux, toujours tassé au creux de sa chaise (Camus, Peste,1947, p. 254):
4. Une blonde charnue glissa de son tabouret, lui demanda du feu, but son verre, à mi-voix lui promit pour cinq louis de bonheur, puis de nouveau, se percha, expectante. Mauriac, Baiser Lépreux,1922, p. 185.
2. Percher sa voix. Forcer sa voix sur un registre aigu. Elle va encore (...) percher sa voix très haut pour s'étonner que les osiers bifurquent (Colette, Duo,1934, p. 124).Il suffit souvent de leur recommander [aux femmes] de ne pas trop percher la voix (...) pour obtenir une phonation aisée autant que musicale (Wicart, Orateur,t. 1, 1936, p. 290).
B.− Pousser, manœuvrer (une embarcation) avec une perche. Il était fatigué, depuis deux jours à percher son radeau dans tous les sens pour flotter les gens jusqu'à la butte de l'Église (Giono, Batailles ds mont.,1937, p. 96).D'instinct, il se mit à percher si rapidement que la chaloupe faillit verser (Guèvremont, Survenant,1945, p. 191).
C.− MÉTALL. Procéder à l'opération consistant à introduire des perches de bois vert dans le métal en fusion au cours de l'affinage du minerai sulfuré de cuivre, pour éliminer les impuretés. Le bain s'encrasse d'oxyde d'étain restant en suspension et devient épais; il est alors nécessaire de le percher avec une branche de bois vert (Gasnier, Dépôts métall.,1927, p. 63).
Prononc. et Orth. : [pε ʀ ʃe], (il) perche [pε ʀ ʃ]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. 1. 1376 « se tenir sur un support en parlant d'un oiseau » (Livres du Roy Modus, 123, 13 ds T.-L.); 1377 verbe réfl. (Gace de La Buigne, Roman des Deduis, éd. Å. Blomquist, 5936); 2. p. anal. a) 1606 « se tenir à un endroit élevé » (Du Villars, Mém., IX, an 1558, Michaud ds Gdf.); 1762 en parlant d'une ville (Diderot, Lettres à Sophie Volland, p. 63); b) 1833 « loger dans un endroit élevé » (Balzac, Ferragus, p. 56); c) p. ext. 1842 « habiter » (Reybaud, op. cit., p. 267 : les premiers érudits que nous vîmes appartenaient à ces associations qui perchent on ne sait où); 3. 1630 verbe trans. « placer quelqu'un dans une bonne situation » (A. d'Aubigné, Méditations sur les Pseaumes, éd. Réaume et de Caussade, II, 147); 4. 1841 id. « placer quelqu'un à un endroit élevé (en parlant des sentiments) » (Flaub., Souv., p. 66). B. 1600 « échalasser une vigne » (O. de Serres, Th. d'agriculture, p. 60, éd. 1605 ds Gdf.). C. 1927 métall. (Gasnier, loc. cit.). Dér. de perche*; dés. -er. Fréq. abs. littér. : 180.
DÉR. 1.
Perchage, subst. masc.a) Position d'un oiseau, d'un animal perché. (Dict. xxes.). b) Métall. Opération consistant à introduire des perches de bois vert dans le métal en fusion au cours de l'affinage du minerai sulfuré de cuivre, pour éliminer les impuretés. Voir Guillet, Métall. gén., 1923, p. 188.− [pε ʀ ʃa:ʒ]. − 1resattest. a) 1923 id., b) 1963 « position de l'oiseau perché » (Lar. encyclop.); de percher, suff. -age*.
2.
Percheur, -euse, adj.[En parlant d'un oiseau] Qui a l'habitude de percher. Oiseaux percheurs. Il n'y a que la lulu [l'alouette] qui puisse être considérée comme vraiment percheuse (Coupin, Animaux de nos pays,1909, p. 144).− [pε ʀ ʃ œ:ʀ], fém. [-ø:z]. − 1resattest. a) 1817 La Percheuse « nom de l'alouette des prés » (Nouv. dict. d'hist. nat. d'apr. FEW t. 8, p. 281a), b) 1821 adj. « se dit d'oiseaux qui se perchent sur les arbres » (Ac. Suppl.), d'où 1845 les percheurs « groupe d'oiseaux » (Besch.); de percher, suff. -eur2*.
BBG. − Chautard Vie étrange Argot 1931, p. 137.