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PELLETÉE, subst. fém.
Contenu d'une pelle ou quantité de matériaux qu'on peut ramasser en une fois avec une pelle. Pelletée de cendres, de charbon, de sel, de sable. Comme il ouvrait la portière, une énorme pelletée de boue tomba sur sa figure (Stendhal, L. Leuwen, t.3, 1835, p.47).Les premières pelletées roulèrent sur la maigre dépouille du comédien (Gautier, Fracasse, 1863, p.153).On projette sur la surface du bain quelques pelletées de chaux en poudre pour épaissir la scorie et la solidifier (Barnerias, Aciéries, 1934, p.197).
P. métaph., fam. Pelletée(s) de + subst. désignant une parole, un dire.Pelletées d'accusations. Je m'attends à ce que la dernière pelletée qu'on jettera sur mon cercueil sera une pelletée d'injures (Goncourt, Journal, 1877, p.1178).Chaque jour les journaux du gouvernement Cavaignac (...) lui jettent des pelletées d'ordures (Clemenceau, Iniquité, 1899, p.472).
Loc. adv., fam. À pelletées. En grande quantité. Coltzida, fier de ses poumons, lançait les injures à pelletées sur le corps d'Hadgi-Stavros (About, Roi mont., 1857, p.261).
Prononc. et Orth.: [pεlte]. Ac. 1694, 1718: pellée, pellerée; 1762: pellerée; 1798-1878: pellée, pellerée, pelletée; 1935: pelletée. Étymol. et Hist.1. 1408 pallettee «ce que contient une pelle» (Denombr. du baill. d'Evreux, A.N.P. 308, fo7 rods Gdf. Compl.); 1690 pelletée (Fur.); 2. 1857 fig. «grande quantité» (About, loc. cit.). Dér. de pelle*; suff. -etée*, a éliminé les différentes formes: pelede (fin xies., Raschi, Gl., éd. A. Darmesteter et D. S. Blondheim, t.1, p.788) −ca 1500 pellees (J. D'Auton, Chron., IV, 316 ds Gdf. Compl.), palerées (1542, Rabelais, Gargantua, éd. R. Calder et M. A. Screech, XX, 79), pelleree (1611, Cotgr.). Fréq. abs. littér.: 116.