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PEINÉ, -ÉE, part. passé et adj.
I. − Part. passé de peiner*.
II. − Adjectif
A. − [Corresp.à peiner I] Dans le vocab. de la crit. esthét. Qui laisse paraître le travail, la recherche, qui manque de spontanéité, de simplicité. Cet art appliqué et peiné, ils y mettaient de la conscience, parce qu'ils n'avaient rien d'autre à y mettre (Ramuz, A. Pache, 1911, p.154).
Empl. subst. masc. sing. à valeur de neutre. Et lorsqu'il [Chardin] aborde des personnages un peu grands, (...) il est facile de voir sa gêne, son embarras, le peiné de son travail (Goncourt, Art XVIIIes., 1880, p.88).
B. − [Corresp. à peiner II] Peiné (de qqc.).Qui éprouve de la peine, de la tristesse (à propos de quelque chose). Synon. affligé, chagriné, contrarié, désolé, triste, contristé (littér.), navré (littér.).La Gandara (...) assistait à l'enterrement de Carriès (...). Il est très peiné, laissant échapper à voix basse: «C'était mon plus intime ami!» (Goncourt, Journal, 1894, p.606).Je m'imagine alors qu'on m'écarte, par méfiance, et je me trouve tout à coup peiné d'être mis à part (Bosco, Mas Théot., 1945, p.146).
Être peiné que (suivi d'une prop. au subj.).−Qu'est-ce que tu lui diras? −Que ma mère est malade, morte... Est-ce que je sais? Il fut peiné qu'elle parlât si légèrement (Rolland, J.-Chr., Adolesc., 1905, p.331).
Être peiné pour qqn.Je suis heureux pour lui, si peiné pour Degas, qu'il n'ait pas eu à l'assumer (Gide, Corresp.[avec Valéry], 1918, p.471).
[P. méton. du déterminé] Avoir l'air peiné; sourire peiné, voix peinée. Sa figure était peinée, son esprit semblait faire des comparaisons avec le passé (Las Cases, Mémor. Ste-Hélène, t.1, 1823, p.606).Elle avait pris un ton peiné, baissant la voix pour étaler cette plaie secrète de son coeur (Zola, Dr Pascal, 1893, p.17).
Prononc.: [pene], [pε-]. Fréq. abs. littér.: 230. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 169, b) 309; xxes.: a) 466, b) 370. Bbg. Gohin 1903, p.236.