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NÉANTIR, NÉANTISER, verbe trans.
A. − PHILOS. [Chez Sartre] ,,Considérer ou négliger comme s'il n'était pas, éliminer de son monde intentionnel`` (Foulq.-St-Jean 1962). Je domine le monde si j'ai la capacité de le nier ou, comme dirait Sartre, de le néantir (Lacroix,Marxisme, existent., personn.,1949, p.79):
. L'Être par qui le Néant arrive dans le monde doit néantiser le Néant dans son Être et même ainsi, il courrait encore le risque d'établir le Néant comme un transcendant au coeur même de l'immanence, s'il ne néantisait le Néant dans son être à propos de son être. Sartre,Être et Néant,1943, p.59.
Emploi pronom. Admettre en soi le néant. C'est seulement parce que j'échappe à l'en-soi en me néantisant vers mes possibilités que cet en-soi peut prendre valeur de motif ou de mobile (Sartre,Être et Néant,1943p.512).
B. − Détruire, supprimer, réduire à rien. Les produits chimiques employés pour dissoudre les nappes de mazout en mer «néantisent» pendant quelque temps les coquillages (Le Monde,18 juin 1967ds Gilb. 1980).Les sionistes ultras retrouvent parfois la logique du pur antisémitisme pour fustiger «les Juifs honteux, les Juifs néantisés, la haine juive de soi-même» (L'Express,16 mars 1970ds Gilb. 1980).
REM. 1.
Néantisant, -ante, part. prés. adj.,philos. Qui néantise. Ce négatif qui est néant d'être et pouvoir néantisant tout ensemble, c'est le néant (Sartre,Être et Néant,1943p.120).
2.
Néantisateur, -trice, adj.,philos. Qui néantise. Si la fonction néantisatrice propre à la conscience (...) est ce qui rend possible l'acte d'imagination, il faudrait ajouter réciproquement que cette fonction ne peut se manifester que dans un acte imageant (Sartre,Imaginaire,1940, p.237).
3.
Néantité, subst. fém.,philos. Fait d'être néantisé. Cette néantité absolue et fantômale du temps, le savant la fixera en concept sous le nom d'homogénéité (Sartre,Être et Néant,1943, p.257).
Prononc.: [neɑ ̃ti:ʀ], [-tize]. Étymol. et Hist. I. Néantir A. fin xives. niantir (Gloss. Aalma, 8005 ds Roques t.2, p.274: nichilo, las: niantir c'est faire d'auques neant); fin xive-début xves. noiantir (Cathol., ms. Bibl. nat. lat. 17881 ds Gdf.); 2 ex. au xvies. (Hug.), très rare. B. 1931 philos. (A. Koyré, cr. de M. Heidegger, Was ist Metaphysik? ds Nouv. R. fr., mai, p.752: ... l'être ne disparaît pas pour et dans l'angoisse. Il n'est nullement ,,détruit``; mais s'il est là encore, il l'est ensemble avec le néant qui le pénètre et qui l'ébranle dans son être. Le néant ,,néantit``1, Note 1: Je m'excuse du néologisme; je l'emploie pour traduire nichten, réservant anéantir pour vernichten). II. Néantiser 1936 philos. (N. Berdiaeff, Destin de l'homme dans le monde actuel, p.31, Stock: l'homme est pétri d'angoisse de même que l'existence pour Heidegger est déterminée par la mort. Le néant néantise [en note: Das Nichts nichtet]); 1943 se néantiser (Sartre, Être et Néant, p.58: Le verbe ,,se néantiser`` a été conçu pour ôter au Néant jusqu'au moindre semblant d'être). I dér. de néant*; dés. -ir. En B, employé pour traduire l'all. nichten, philos., spéc. 1929, M. Heidegger, op. cit., 11eéd., Frankfurt, 1975, p.36: Das Nichts nichtet. II dér. de néant*; suff. -iser*; employé également pour traduire l'all. nichten. Bbg. Quem. DDL t.15.