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NAVRÉ, -ÉE, part. passé et adj.
I. − Part. passé de navrer*.
II. − Emploi adj. [En parlant d'une pers.]
A. − Vx. Blessé. Don Camille navré et occis, et madame qu'on emporte palpitante. Que faire contre la violence? (Claudel, Soulier, 1929, 2ejournée, 2, p.755).
B. − Au fig.
1.
a) Profondément attristé. Je couvrirai mon âme, chagrine et navrée, de la robe brillante de la joie (Balzac, Corresp., 1822, p.182).Son mari était si triste, si navré, si bourru depuis quelques jours! (Ponson du Terr., Rocambole, t.3, 1859, p.130):
. Hier soir, longuement causé avec Vallette. Babylas, c'est lui, l'homme auquel il n'arrive rien, l'homme triste, navré, qui le sera toujours, dont la vie, quoique finie, se continue pourtant, il ne sait pourquoi. Renard, Journal, 1890, p.70.
b) Qui témoigne d'une profonde tristesse. Ton navré. [Dargenty] a fermé le piano et m'a dit en souriant, d'un air navré: «C'est toujours comme cela ici (...) ma femme n'aime pas la musique» (A. Daudet, Femmes d'artistes, 1874, p.17).
2. P.exagér. Déçu, désolé, contrarié. Mes amis (...) vous me voyez navré (...) il va falloir nous séparer (Labiche, Célimare, 1863, iii, 11, p.127).Je décrochai le téléphone: «J'étais navrée, je m'excusais, mais un rhume m'obligeait à garder le lit» (Beauvoir, Mandarins, 1954, p.302).
[Comme formule de politesse, pour exprimer des excuses] Ce fut, quelques secondes plus tard, M. Mairesse-Miral tout seul qui pénétra dans la pièce. −Navré, disait-il, navré, monsieur. Mais Gaston Délia se fait attendre un peu (Duhamel, Cécile, 1938, p.117).
Prononc.: [navʀe], [nɑ-]. Étymol. et His. V. navrer. Fréq. abs. littér.: 596. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 443, b) 1357; xxes.: a) 1180, b) 718.