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MORNÉ, -ÉE, adj.
A. − [En parlant d'une arme courtoise, d'un fer de lance] Qui est garni d'une morne. Je ne restai pas en demeure et je rompis contre le champion une seconde lance mornée (Chabeaubr.,Mém., t.4, 1848, p.42).Nous n'avions jamais souffert de l'amour, nous; nos larmes et nos soupirs n'étaient que des armes mornées, des armes de tournois (La Varende,Amours,1944, p.192).
B. − HÉRALD. [En parlant d'un animal] Représenté sans dents, bec, langue, griffes ou queue. Lion morné, aigle morné (Ac. Compl.1842).Figure représentant un merle morné (sans bec ni pattes), de profil, la tête à dextre (L'Hist. et ses méth.,1961, p.762).
Prononc. et Orth.: [mɔ ʀne]. Att. ds Ac. 1762-1878. Étymol. et Hist. 1. 2emoitié du xiiies. «émoussé (d'un sentiment)», d'apr. O. Schultz-Gora ds Z. rom. Philol. t.46 1926, p.325 et t.51 1931, p.734 (Jehan Bretel, Jeux-Partis, éd. A. Långfors, LXXVIII, 50); 2. 1remoitié du xvies. lance mornee (Chronique de François Ier, éd. G. Guiffrey, p.305); 3. 1658 hérald. lyon morné (Le Laboureur, Discours sur l'origine des armes, p.202). Part. passé d'un verbe morner, disparu avant les premiers textes (cf. Bl.-W.1-5), que l'on suppose d'apr. les comp. amorner, réfl. «se mortifier» (xiiies. [ms.] Image du monde, ms. de St Brieux ds Gdf.), amorné «triste» (2emoitié du xiiies. ds T.-L. et Gdf.) et amornir, réfl. «devenir morne», att. dans le Roman d'Alexandre d'Alexandre de Paris, III, 3891 in Elliott Monographs, no37, p.230) et dans la version S du Roman de Thèbes (éd. L. Constans, 4889); cf. aussi Nezirovc, Le Vocabulaire dans les deux versions du Roman de Thèbes, pp.19-20), amorni «triste» (Benoît de Ste-Maure, Troie, 19100 ds T.-L.). Morner est empr. à l'a. b. frq. mornôn, qui correspond au got. maurnan «être occupé, inquiet»; cf. l'ags. murnan «id.» (angl. to mourn «être triste»); l'a. h. all. mornên «se soucier»; l'a. nord. morna «affliger, attrister».