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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

MARTEL

substantif masculin
Martel en tête. Inquiétude, souci.
A. —Usuel. Se mettre (ou var.) martel en tête. S'inquiéter, se faire du souci. Vous êtes un peu timbré, je pense, de vous fourrer martel en tête parce qu'un employé de chez vous a commis une extravagance sous le coup d'un transport au cerveau (Courteline, Ronds-de-cuir, 1893, 6e tabl. 2 p.233). Tout à la joie de savoir Volat prisonnier, il ne se mettait point martel en tête: pourquoi se fatiguer à prévoir? (Genevoix, Raboliot, 1925, p.212).
B. —Vieilli ou rare.[Avec d'autres verbes ou hors loc. verb.] Le mot de soeur Hélène au couvent et un mot d'Aimée à Cauterets m'avaient mis martel en tête (Sand, Hist. vie , t. 4, 1855, p.31). Ils ont tous eu immédiatement autre martel en tête (Benoit, Atlant., 1919, p.150):
. D'ailleurs, la jalousie est bête. D'abord, elle ne sert de rien, Malgré tout son martel en tête. (Verlaine, Poèmes div. , Contre la jalousie, 1896, p.180)
Prononciation et orthographe
[maʀtεl]. Att. ds Ac. dep. 1694.
Étymologie et histoire
1. 1554-57 donner martel «rendre jaloux» (Du Bellay, La vieille courtisanne ds Divers jeux rustiques, éd. V. L. Saulnier, p.155, 168); 1561 mettre le Martel en teste à qqn «le rendre jaloux» (J. Grevin, Les Esbahis, éd. L. Pinvert, p.145);
2. 1558 martel «souci» (Mellin de Saint-Gelais, Epigramme de Martial ds Œuvres, éd. P. Blanchemain, t.1, p.77); 1718 se mettre martel en tête (Chansonnier hist. du XVIIIe s., éd. E. Raunié, t. 3, p.21). Empr. à l'ital. martello, att. aux sens 1 et 2 dep. la 1re moitié du xvie s. (au sens 1 dep. L'Arétin, au sens 2 dep. Giovio ds Batt.), proprement «marteau» (v. ce mot).
Statistiques
Fréq. abs. littér.: 22.
Bibliographie
Hope 1971, p.209. — Quem. DDL t. 18.