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MARRON3, adj.
Arg. [Dans des expr.]
Faire, paumer (vx), servir (vx) qqn marron. Le surprendre, l'arrêter. C'est un factionnaire à double face, et si vous vouliez me laisser agir contre lui, je le paumerais marron (je le prendrais en flagrant délit) en huit jours (Balzac,Splend. et mis., 1847, p.645).
Être marron; être fait, paumé (vx), servi (vx) marron. Être pris sur le fait, être arrêté. Tonorgue tapissier aura été fait marron dans l'escalier (Hugo,Misér., t. 2, 1862, p.181).
Faire (qqn) marron. Abuser, tromper. (Ds Simonin, J. Bazin, Voilà taxi! 1935, p.218).
Être marron. Être dupé, victime. Sûrement qu'il était marron avec des gangsters semblables! (Céline,Mort à crédit, 1936, p.684).N' pouvant y fourrer [dans les carafes de la cigogne] l' bec, le renard fut marron (Marcus,Quinze fables, 1947, p.5).
Prononc.: [maʀ ɔ ̃]. Étymol. et Hist. 1. 1811 marron paumé «pris sur le fait, en flagrant délit» (d'apr. Esn.); 2. 1855 marron «attrapé, trompé» (d'apr. Esn.). Orig. incertaine. Un rapprochement avec l'expr. rôti comme un marron «qui est sorti du jeu» ou «qui n'a plus d'argent» (1752, Le Roux), hyp. proposée par Esn., semble peu convaincant. Il est préférable de voir dans le mot une extension de sens de marron2*; par l'intermédiaire de l'expr. être paumé marron «être appréhendé comme un esclave fugitif»; cf. Rey-Cellard. De nos jours être fait marron a perdu son sens premier au profit de celui de «dupé, trompé», peut-être en raison d'un rapprochement avec l'expr. être chocolat*.
STAT.Marron2 et 3. Fréq. abs. littér.: 310. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 194, b) 571; xxes.: a) 523, b) 527.