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MÉSESTIMER, verbe trans.
[Le suj. désigne une pers. ou un ensemble de pers.]
A. − Avoir mauvaise opinion (d'une personne, d'un groupe de personnes); ne pas estimer (quelqu'un), (le) mépriser. Si la bourgeoisie mésestimait Max, l'admiration que son caractère excitait parmi le peuple formait un contre-poids à cette opinion (Balzac,Rabouill., 1842, p.372).Je crois que nos dirigeants ont alors mésestimé le peuple français (Gide,Journal, 1940, p.63).
Au part. passé. Une magistrature sans considération, présidée par un chancelier mésestimé (Staël,Consid. Révol. fr., t.1, 1817, p.39).
Emploi pronom.
réfl. Il avait eu besoin de se faire un point d'honneur de sa profession pour ne pas se mésestimer lui-même (Balzac, Œuvres div., t.1, 1830, p.277).
réciproque. Ces deux puissants esprits (...) ne pouvaient que se mésestimer mutuellement (J. Rostand,Genèse vie, 1943, p.42).
B. − Ne pas apprécier (quelque chose) ou (le) sous-estimer. On a jugé en bien ou en mal le grand travailleur, selon qu'on estimait ou mésestimait le travail (Michelet,Oiseau, 1856, p.183).J'avais mésestimé la prudence des grands prélats et leur haute maîtrise (Cocteau,Poés. crit. II, 1960, p.21).
Au part. passé. À propos de roses, je remarque (...) une guirlande de cette fleur trop mésestimée aujourd'hui (Mallarmé,Dern. mode, 1874, p.800).
REM.
Mésestimable, adj.,vieilli. Qu'on ne peut estimer. Vous aussi, vous seriez mésestimable (Staël,Lettres L. de Narbonne, 1793, p.165).
Prononc. et Orth.: [mezεstime], [-ze-], (il) mésestime [-im]. Ac.1694, 1718 mesestimer, dep. 1740 mé-. Étymol. et Hist. 1555 (J. Peletier du Mans, Dialogue de l'ortografe et prononciation françoese, cf. Livet, p.162). Dér. de estimer*; préf. mé-*. Cf. plus anciennement mesaesmer «dédaigner, mépriser» (xiie-xives. ds T.-L.; Gdf.), dér. de aesmer «estimer, apprécier, juger» (lat. *adaestimare) et mesesmer (ca 1195 ds T.-L.), dér. de esmer (lat. aestimare, v. estimer). Fréq. abs. littér.: 39.