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LOTI, -IE, part. passé et adj.
I. − Part. passé de lotir*.
II. − Adjectif
A. − URBAN. Divisé en parcelles généralement affectées à la construction d'habitations. Je dus rentrer à Paris en frôlant ignominieusement des faubourgs, des terrains vagues, des maisons vagues (...). Je m'imaginais encore d'un seul tenant toutes ces provinces que je retrouvais loties (Giraudoux,Simon,1926, p. 50).Le plateau de Gergovie (Auvergne), loti pendant la Révolution (Meynier,Paysages agraires,1958, p. 104).
B. − Pourvu d'un lot. Synon. nanti.Elle a fait bon mariage, elle est bien lotie (Ac. 1878-1935).
En partic. [Avec un compl. de + subst. ou un adv. (bien, mal, etc.)] Qui a en partage une situation, un sort donné. Ils se rendent compte qu'une institutrice-adjointe est une salariée d'un genre à part, guère mieux lotie qu'eux-mêmes (Frapié,Maternelle,1904, p. 236):
... Colette semblait prendre plaisir à collectionner autour d'elle tous les petits jeunes gens (...) riches pour la plupart (...) ou lotis de quelque sinécure dans quelque ministère... Rolland,J.-Chr.,Foire,1908, p. 742.
Par antiphrase
Être bien loti. [S'emploie pour signifier que qqn a en partage une situation pénible ou désagréable, gén. imprévue] Mon Dieu, c'est le hoquet. − Nous voilà bien lotis (Butor,Passage Milan,1954, p. 218).
Être bien mal loti. [S'emploie pour signifier que qqn a en partage une situation agréable, confortable] − On ne peut pas écrire un roman sans piquer des trucs autour de soi, dit Henri. − Peut-être, mais alors les écrivains, on ne devrait pas les fréquenter, dit Nadine rageusement. Henri lui sourit: «Tu es bien mal lotie! − Moque-toi de moi maintenant, dit-elle en devenant très rouge (...)» (Beauvoir,Mandarins,1954, p. 556).
Prononc.: [lɔti]. Fréq. abs. littér.: 29.