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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

INVITE

substantif féminin
I. —JEUX. Carte que l'on joue au whist de manière à faire connaître son jeu à son partenaire et l'engager à l'appuyer :
1. Caroline (...) donne un coup de côté sur sa robe comme pour opérer une séparation. Ce mouvement-là, certaines femmes l'accomplissent avec une impertinence provocante; mais il a deux significations : c'est, en terme de whist, ou une invite [it. dans le texte] au roi, ou une renonce. En ce moment, Caroline renonce. (Balzac, Ptes mis., 1846, p. 66)
II. —Synon. de invitation.
A. —[Correspond à invitation A] Je reçois d'un des miens une invite à dîner (Barbier, Satires, 1865, p. 65). Il n'eut pas l'air gêné par la présence de Petit Pouce et lui fit un signe que celui-ci interpréta comme une invite à s'asseoir à leur table (Queneau, Pierrot, 1942, p. 123).
B. —
1.[Correspond à invitation B 1] J'ai toujours évité les noms de famille dans mes pièces et presque toujours dans mes livres. Ils me gênent comme une invite trop pressante à pénétrer chez des inconnus (Cocteau, Diff. d'être, 1947, p. 211) :
2. Hier, sur l'invite du Gouvernement, on a avancé toutes les pendules d'une heure. On n'imaginerait pas le nombre d'inepties que cette décision a fait dire. On trouvait à parler là-dessus des heures durant. (Gide, Journal, 1916, p. 556)
— En partic. Geste ou signe d'appel. Invite amoureuse :
3. ... je pense à autre chose, à rien plutôt, fixant la bouche grasse et rieuse de la femme qui me fait face. Croit-elle à une invite ? Elle est déjà près de moi, se fait collante. (Camus, Env. et endr., 1937, p. 85)
2.Au fig.[Correspond à invitation B 2] Évidemment celles [les moniales] qui ont vieilli dans le monastère méprisent ces appels, ces invites à la vie [du chemin de fer voisin] (Huysmans, Cathédr., 1898, p. 356).
Prononciation et orthographe
[ε̃vit]. Att. ds Ac. dep. 1878.
Étymologie et histoire
1. 1767 jeux « carte que l'on joue pour faire connaître son jeu à son partenaire » (Dider., Salon, Œuvr., t. XIV, p. 194 ds Pougens, ds Littré);
2. 1862, mars « invitation à faire quelque chose » (Goncourt, Journal, p. 1025). Déverbal de inviter*.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 96.