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INVESTIR2, verbe trans.
A. − Qqn investit qqc.Entourer de troupes, de façon à couper toute communication avec l'extérieur. Synon. assiéger, cerner, encercler.
1. [L'obj. désigne un objectif milit.] Investir une citadelle, une place forte. Sighebert envoya d'abord une partie de ses troupes investir la place de Tournai et en commencer le siège (Thierry, Récits mérov., t. 2, 1840, p. 51).Les corps d'armée de Larminat et de Monsabert achèvent d'investir Toulon (De Gaulle, Mém. guerre,1959, p. 287):
Cette armée nouvelle avait pour mission de couvrir le flanc droit de la 3earmée contre les forces pouvant déboucher du camp retranché de Metz, en investissant progressivement cette place par l'ouest. Joffre, Mém., t. 1, 1931, p. 276.
2. P. anal. [L'obj. désigne un lieu d'habitation ou de travail] Envahir par la force. Les gardes du commerce investirent mon domicile. Je fus épié, surveillé, saisi à l'improviste, et conduit à la prison de Clichy (Reybaud, J. Paturot,1842, p. 427).
B. − Au fig. Entourer, cerner de toutes parts. Synon. assaillir, envahir.
1. Qqc. investit qqc.L'épidémie investit la ville. Alors éclatait la « zone », le grand camp de la misère qui, de partout, investit la ville illustre et magnifique (Duhamel, Terre promise,1934, p. 37).À trois cents mètres au-dessous d'eux, les buissons brûlaient. Une bande de feu, de quelque cinquante mètres de large, investissait le village (Montherl., Lépreuses,1939, p. 1434).
2. Qqc. investit qqn.Les idées d'épouvante, de solitude, d'isolement absolu, vous investissent de toutes parts et vous font frissonner (Chênedollé, Journal,1820, p. 104).
Investir qqn de.Les déchirures plus profondes de son dos et de ses reins l'investissaient d'une flamme intolérable (Bernanos, Soleil Satan,1926, p. 152).Dans les rues de ma ville, partout assailli, investi de sensations réveillées, je découvre dans quelle masse de poésie, presque à mon insu, j'ai respiré et me suis mû (Mauriac, Écrits intimes, Commenc. d'une vie, 1932, p. 49).
3. Qqn investit qqn.Essayer de gagner, de circonvenir, par toutes sortes de stratagèmes. Il arrive aussi que, plus on est persécuté par l'amour de ces sortes de femmes, plus on les hait. Celle-ci m'obsède, m'investit, m'assiège (Hugo, L. Borgia,1833, I, part. 2, 2, p. 67).
Prononc. et Orth. : [ε ̃vεsti:ʀ], (il) investit [ε ̃vεsti]. Att. ds Ac. 1935. Étymol. et Hist. 1. Début xives. envestir « encercler (pour attaquer) » (Chiprois, éd. G. Raynaud, p. 225); 2. ca 1410 investir « entourer, cerner (dans un but de conquête) » (Chron. de Boucicaut, II, 31 ds Gdf. Compl.). Empr. à l'ital.investire « mettre en possession d'une charge, d'un bien, etc. » (dep. xiies. ds Batt.), aussi « attaquer » (dep. 1304, trad. de Plutarque, ibid.) et « assiéger » (début xvies., Sanudo, ibid.), empr. au lat. investire (investir1*) proprement « entourer étroitement (comme un vêtement) ». Bbg. Hope 1971, p. 42.