INESSENTIEL, -ELLE,
adjectifA. —PHILOS. Qui ne relève pas de la nature interne des êtres, des objets, des choses, ni de leur essence. Emploi subst. masc. sing. à valeur de neutre. La nomination implique un perpétuel sacrifice du nom à l'objet nommé ou pour parler comme Hegel, le nom s'y révèle l'inessentiel, en face de la chose qui est essentielle (, Litt., 1948, p. 17).
B. —P. ext.
1. Qui n'est pas dans la nature de quelque chose ou de quelqu'un; qui n'est pas constitutif de quelque chose. Au sein du comportement de l'homme deux composantes fondamentales (...) le propre de l'argument, c'est de montrer que cette seconde composante demeure inessentielle et illusoire par rapport à la première (, Essai signif. mort, 1949, p. 84). Temporaire et locale, elle [la nescience] est par là même inessentielle (, Je-ne-sais-quoi, 1957, p. 37).
— Emploi subst. masc. sing. à valeur de neutre. Être considéré comme l'inessentiel. [Les hommes] acceptent dans une assez grande mesure que la femme soit une semblable, une égale; et cependant ils continuent à exiger qu'elle demeure l'inessentiel (, Deux. sexe , t. 1, 1949, p. 394).
2.P. ext. Qui n'est pas fondamental, principal. Synon. contingent, secondaire. Cette contrariété, (...) cette nervosité, (...) à quoi faut-il les attribuer, à une insatisfaction profonde latente, (...) ou bien est-ce l'effet de difficultés passagères et inessentielles (, Modif., 1957, p. 74).
Remarques
Inessentialité
substantif fémininPrononciation
[inεsɑ̃sjεl], [-ne-].
Étymologie et histoire
1794 (Pougens, Vocab. des nouv. mots fr., p. 74); 1901 (Jaurès, Ét. soc., p. 63 [trad. d'un texte de W. Liebknecht]). Dér. de essentiel*; préf. in-1 *.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 10.