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INCANTATEUR, -TRICE, subst. et adj.
I. − Substantif
A. − Homme, femme qui formule des incantations. Il est assez évident, par exemple, que les vibrations produites par les formules et par les chants magiques dépendent non seulement d'une « voix juste » − ou plutôt d'une « voix vraie », selon l'expression égyptienne −, mais aussi de la puissance intérieure de l'incantateur. Le transfert d'un monde à l'autre, lors de l'offrande des provisions aux morts, en Égypte, était opéré, selon des expressions fréquentes dans les inscriptions funéraires de Thèbes, par ce que crée la Voix sur l'autel (Encyclop. univ.t. 101971, p. 301).
P. ext. Faiseur, faiseuse d'enchantements, de prestiges. Le jeune incantateur a parfaitement pu, profitant d'un moment d'inattention de ma part, lancer dans la chambre une couleuvre qu'il avait, jusque-là, tenue cachée sous son aisselle (Du Camp, Nil,1854, p. 45).Mais la lune ne serait pas la sorcière, l'incantatrice qu'elle est si elle ne jetait pas son fantastique et son erreur sur ce paysage tout réel et tout humain (Verlaine, Œuvres compl., t. 5, Quinze jours en Holl., 1893, p. 248).
B. − P. anal. Homme, femme qui, par son talent, son prestige, captive, ravit son public ou ceux, celles qui l'entourent. Nous nous étonnons toujours (...) du peu de sensibilité française à l'égard de la musique d'incantation. Je ne parle pas du charme debussyste (...) je parle des longues luttes de Wagner à l'Opéra, de l'indifférente sottise des snobs au théâtre Modagor qui reprenait la Vie Parisienne d'Offenbach, l'incantateur type, et de l'irrespect parisien lorsque Louis Armstrong s'exprime par l'entremise d'une trompette (Cocteau, Foyer artistes,1947, p. 48).
II. − Adjectif
A. − D'(une) incantation, de l'incantation :
... il me sembla que Baudelaire (...) avait écrit [ce vers] (...) pour cet instant précis de ma vie. Et pourtant ce vers doit un peu de son extraordinaire puissance incantatrice à ceci : qu'il généralise et nous invite à considérer comme une loi banale (...) ce que nous nous flattions peut-être d'être seul à connaître. Gide, Journal,1938, p. 1309.
B. − Qui charme, qui enchante à la manière d'une incantation. Je me nommai et aussitôt, comme si j'avais perdu grâce à ce nom incantateur l'apparence d'arbousier ou de kangourou que l'âge m'avait sans doute donnée, elle me reconnut (Proust, Temps retr.,1922, p. 950).Bien désolé d'abord de rester à peu près insensible au charme de ce poème qui passait, auprès des meilleurs juges, pour incantateur. L'incantation n'opérait pas (Gide, Journal,1930, p. 1005).
Prononc. : [ε ̃kɑ ̃tatœ:ʀ], fém. [-tʀis]. Étymol. et Hist. 1. 1495 subst. « sorcier » (J. de Vignay, Miroir historial, XX, 101 éd. 1531 ds Delb. Notes mss), attest. isolée; à nouv. 1854 (Du Camp, loc. cit.); 2. 1902 adj. « qui fait des incantations » (Nouv. Lar. ill.). Empr. au b. lat.incantator « enchanteur, magicien, sorcier » (cf. enchanteur).