HERBORISER
verbe intransitifIl faisait trop bon pour herboriser. Dès que je me penchais vers une fleur, le parfum qui en émanait (et qui avait filtré à travers l'eau de pluie dont les corolles regorgeaient encore), me rafraîchissait le visage; il laissait ainsi sur mes lèvres ce goût de miel et d'amertume que contient toujours le suc des plantes sauvages. (, Mas Théot., 1945, p. 65)
• Au fig. Je n'ai plus qu'un plaisir, j'analyse, j'herborise, je suis un naturaliste des esprits. — Ce que je voudrais constituer, c'est l'histoire naturelle littéraire (, Pensées, 1869, p. 50).
— Emploi trans., rare. Nous allions dans le bois de Meudon herboriser des vénéneux (, Célimare, 1863, I 6 p. 15).
• Au fig. On sent un homme qui herborise l'histoire (, Journal, 1863, p. 1329). Il y rencontre [dans l'âme de la femme et de la jeune fille moderne], il y herborise des florescences vénéneuses (, Jumelle, 1938, p. 51).
Remarques
Herborisant
substantif masculinPrononciation et orthographe
[εʀbɔʀize], (il) herborise [εʀbɔʀi:z]. Att. ds Ac. dep. 1694.
Étymologie et histoire
1534 arboriser « recueillir des plantes pour les étudier, les collectionner ou les vendre » (Rabelais, Gargantua, éd. R. Calder, chap. XXI, ligne 238); 1611 herboriser (Cotgr.); en partic. 1634 « soigner au moyen de plantes » (La rencontre de Gautier Garguille avec Tabarin ds G. Garguille, Chansons, éd. E. Fournier, p. 180). Dér. de herboriste*; suff. -iser*; les formes en ar-, encore attestées ds Trév. 1752 et Platt, Dict. lang. vicieux, 1835, pp. 39-40, résultent des hésitations en m. fr. entre ar- et er- (FEW t. 4, p. 408b); v. aussi herboriste.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 52.