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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

HERBORISER

verbe intransitif
Recueillir des plantes dans la nature pour les étudier, les collectionner ou pour utiliser leurs propriétés thérapeutiques. Herboriser dans la campagne, dans la montagne. Il herborise, chemin faisant, et ramasse sur les bords de la route les plantes sauvages dont il assaisonne son pain (About, Grèce, 1854, p. 24) :
Il faisait trop bon pour herboriser. Dès que je me penchais vers une fleur, le parfum qui en émanait (et qui avait filtré à travers l'eau de pluie dont les corolles regorgeaient encore), me rafraîchissait le visage; il laissait ainsi sur mes lèvres ce goût de miel et d'amertume que contient toujours le suc des plantes sauvages. (Bosco, Mas Théot., 1945, p. 65)
• Au fig. Je n'ai plus qu'un plaisir, j'analyse, j'herborise, je suis un naturaliste des esprits. — Ce que je voudrais constituer, c'est l'histoire naturelle littéraire (Sainte-Beuve, Pensées, 1869, p. 50).
— Emploi trans., rare. Nous allions dans le bois de Meudon herboriser des vénéneux (Labiche, Célimare, 1863, I 6 p. 15).
• Au fig. On sent un homme qui herborise l'histoire (Goncourt, Journal, 1863, p. 1329). Il y rencontre [dans l'âme de la femme et de la jeune fille moderne], il y herborise des florescences vénéneuses (Colette, Jumelle, 1938, p. 51).
Remarques

Herborisant

substantif masculin
Celui qui herborise. Cette contrée est la plus riche de l'Europe pour les herborisants (Maupass., Contes et nouv. , t. 2 En voy., 1883, p. 326). Je me laissai absorber de plus en plus par la botanique (...). J'en appelai aux plus rococos des herborisants, à Linné lui-même (Jammes, Mém. , t. 2, 1922, p. 8).
Prononciation et orthographe
[εʀbɔʀize], (il) herborise [εʀbɔʀi:z]. Att. ds Ac. dep. 1694.
Étymologie et histoire
1534 arboriser « recueillir des plantes pour les étudier, les collectionner ou les vendre » (Rabelais, Gargantua, éd. R. Calder, chap. XXI, ligne 238); 1611 herboriser (Cotgr.); en partic. 1634 « soigner au moyen de plantes » (La rencontre de Gautier Garguille avec Tabarin ds G. Garguille, Chansons, éd. E. Fournier, p. 180). Dér. de herboriste*; suff. -iser*; les formes en ar-, encore attestées ds Trév. 1752 et Platt, Dict. lang. vicieux, 1835, pp. 39-40, résultent des hésitations en m. fr. entre ar- et er- (FEW t. 4, p. 408b); v. aussi herboriste.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 52.