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GERCER, verbe
A. − Emploi trans. [Le suj. désigne le froid, le vent, la chaleur, la sécheresse] Produire de petites crevasses sur quelque chose.
1. [Le compl. désigne l'épiderme; p. méton. une partie du corps, notamment les lèvres, le visage, les mains] Gercer le visage; le froid, la bise gercent les lèvres, les mains (Ac. 1835-1932). Le vent froidit et gerce encor ta beauté verte (Verhaeren, Mult. splendeur,1906, p. 81).Les travaux des chaumières artificielles ne gercent pas suffisamment les mains (Faure, Hist. art,1921, p. 115).
Emploi pronom. à valeur passive. Les lèvres se gercent à la grande gelée (Ac. 1835, 1878).
2. P. anal. [Le compl. désigne un inanimé concr.] Faire se fendiller. Ces grandes chaleurs ont gercé la terre (Ac.1835-1932).P. métaph. Des graines se gonflaient, s'allongeaient, gerçaient la plaine, travaillées d'un besoin de chaleur et de lumière (Zola, Germinal,1885, p. 1591).
Emploi pronom. à valeur passive. La terre se gerce (Ac. 1835, 1878). La limace baveuse argente la muraille Dont la pierre se gerce et dont l'enduit s'éraille (Gautier, Albertus,1833, p. 127).
B. − Emploi intrans. [Correspond à A 1 supra; le suj. désigne la peau, les lèvres, etc.] Les lèvres gercent au grand froid (Littré). Ne laissez pas non plus gercer votre peau délicate par l'impression d'un froid excessif (Laclos, Éduc. femmes,1803, p. 469).
Prononc. et Orth. : [ʒ ε ʀse], (il) gerce [ʒ ε ʀs]. Ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. 1erquart xiiies. pronom. « se piquer, se blesser » (Reclus de Molliens, Miserere, 137, 10 ds T.-L.); 2. 2emoitié xiiies. « scarifier » (De la Mäaille, Jubinal, Jongleurs et trouvères, 105, ibid.); 3. 1530 (Palsgr., p. 484 : garschera les levres). Orig. obsc.; l'étymon b. lat. charaxare (gr. χ α ρ α ́ σ σ ε ι ν « fendre, entailler, égratigner, déchirer »), plus fréquemment écrit caraxare « gratter, sillonner, déchirer » (FEW t. 2, p. 626a; v. REW3, 1863b pour les dér. ital.) fait difficulté du point de vue phonét.; on peut cependant supposer que charaxare est devenu *garassare, *garsare par dissimilation, avec chute de la voyelle prétonique interne (FEW t. 4, p.626a). Le sens 2 qui a disparu au profit de scarifier* se retrouve dans le wallon garsi « ventouser » (Romania, t. 47, p. 566). Fréq. abs. littér. : 23.