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* Dans l'article "FARDE,, subst. fém."
FARDE, subst. fém.
A.− COMM. Balle, de poids variable, contenant des marchandises exotiques exportées. Six vingts fardes de quinquina, deux cents de bois de campêche (Claudel, Soulier,1929, 3ejournée, p. 813).
Spéc. Balle contenant 185 kilos de café moka. (Dict. xixeet xxes.).
B.− [En Belgique] Liasse de papiers ou chemise de carton servant à contenir celle-ci :
La mort soudaine et importune Les met en ordre dans leurs bières Comme des fardes régulières. Verhaeren, Villes tentac.,1895, p. 190.
Prononc. : [faʀd]. Étymol. et Hist. 1. Ca 1150 « charge, bagage » (Thèbes, éd. G. Raynaud de Lage, 3382); 2. 1775 « balle de café moka » (C. Niebuhr, Voyage en Arabie..., Amsterdam-Utrecht, 1776-80, t. 1, p. 117 ds Z. rom. Philol. t. 90, p. 462); 3. 1812 en Belgique « dossier, liasse de papiers » (Ph. Delmotte, Essai d'un gloss. wallon ds FEW t. 19, p. 44b, s.v. farda). Empr. à l'ar. farda « l'une des deux parties d'une chose, demi-charge d'une bête de somme, fardeau, balle, ballot, gros paquet; la moitié d'une pièce de coton servant de pagne » (Dozy, t. 2, pp. 250-251; v. aussi Devic, Mach. s.v. alfarda, FEW t. 19, pp. 43-47). Au sens 2, réemprunt récent. Selon M. Goosse, Contribution du fr. région de Belgique au fr. universel ds M. Piron, Aspects et profil de la culture romane en Belgique, 1978, pp. 61-62, farde au sens 3 serait un vestige, repoussé dans l'extrême Nord par hardes*, de l'a. fr. fardes « vêtements » (apr. 1170 fardres, Wace, Rou, éd. A. J. Holden III, 1651, var. fardes; ca 1200, en domaine pic., farde « vêtement » ds Renaut de Montauban, 399, 26 ds T.-L.). Cf. l'évolution sém. parallèle de chemise*, jaquette*; la vitalité en wallon et rouchi du type (en)fardeler « envelopper » (cf. FEW t. 19, p. 44a), dér. de fardeau*, paraît aussi pouvoir être invoquée. Fréq. abs. littér. : 3.
DÉR.
Fardier, subst. masc.Chariot à deux ou à quatre roues basses, servant à transporter de lourdes charges. Le passage à niveau (...) est d'ailleurs très peu fréquenté, la vieille barrière à demi pourrie ne roule guère que pour les fardiers des carrières de Bécourt, dans la forêt, à une demi-lieue (Zola, Bête hum.,1890, p. 29). [faʀdje]. Ds Ac. 1835-1932. 1reattest. 1776 (J. J. Schmidlin, Catholicon ds FEW, t. 19, p. 44b); du rad. de farde ou de fardeau, suff. -ier*. Fréq. abs. littér. : 30.
BBG. − Guiraud (P.). Mél. d'étymol. arg. et pop. Cah. Lexicol. 1970, t. 17, p. 13. − Quem. DDL t. 7.