FANGEUX, EUSE,
adjectifA. — Rempli ou couvert de fange. Chemin, terrain fangeux; mare fangeuse. Les piétinements de la foule avaient transformé la neige en un sorbet fangeux (, Thib., Mort père, 1929, p. 1354) :
Ce fut ainsi qu'ils entrèrent dans leur retraite, fangeux, grelottants, écœurés par l'odeur de cette mer de boue qu'ils venaient de traverser. (, M. Férat, 1868, p. 158)
B. —Au fig. Abject. Littérature fangeuse; âme, vie fangeuse. Elle ignore l'abîme fangeux des caresses (, Memor. 1, 1837, p. 164). La paillardise, la calomnie, le chantage et le maquerellage le plus fangeux sont mes pratiques (, Journal, 1893, p. 98).
Remarque : On rencontre ds la docum. fangeusement, adv. De manière abjecte. Te voilà riche, (...) eh bien, je ne te donne pas deux mois pour devenir fangeusement égoïste (Balzac, Peau chagr., 1831, p. 196).
Prononciation et orthographe
[fɑ̃ʒø], fém. [-ø:z]. Ds Ac. 1694-1932.
Étymologie et histoire
Ca 1160 fanjos « boueux, plein de fange » (Enéas, éd. J. J. Salverda de Grave, 2355). Dér. du rad. de fange*; suff. -eux*.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 184.
Bibliographie
Gohin 1903, p. 344.