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EXPÉDIENT2, subst. masc.
Moyen ingénieux auquel on recourt pour sortir d'une situation délicate. Expédient provisoire, temporaire; avoir recours à un expédient; être fertile en, à bout d'expédients. Gourville, c'est l'homme à expédients, à moyens, à invention; il a de l'imagination, mais sans chimère (Sainte-Beuve, Causeries du lundi,t. 5, 1852, p. 359).Tous les expédients étaient bons pour la distraire (Loti, Mariage,1882, p. 129).J'ai trouvé un expédient qui me permettra, je crois, de passer quelques jours de plus près de vous (Gide, Isabelle,1911, p. 633).
Avec une valeur péj. Moyen, action souvent peu honnête, qui permet de sortir momentanément d'une difficulté, d'un embarras, sans pour autant les résoudre. Tomber dans une vie d'expédients. − Tu n'as plus à hésiter, reprit le père, marie-la, puisque le mariage émancipe. Mais cet expédient paraissait répugner à la mère chaque jour davantage (Zola, Joie de vivre,1884, p. 889).Il nous fallut user de vingt ignobles expédients, comme de voler un peu de paille aux écuries du camp, ou de fouiller les poubelles des baraques allemandes pour en extraire les vieux journaux (Ambrière, Gdes vac.,1946, p. 51):
1. Molière, lorsqu'il écrit en vers, s'en tire à coups d'expédients; il connaît maints menus trucs pour satisfaire aux exigences de la mesure et de la rime. Mais, malgré sa grande habileté, l'alexandrin fausse un peu le ton de sa voix. Gide, Journal,1941, p. 82.
En partic., souvent au plur. Moyen honteux ou malhonnête de se procurer de l'argent. Le roi en était aux expédients pour payer les frais de « sa fête » (A. Daudet, Rois en exil,1879, p. 210).Depuis deux mois, Robineau, réduit aux expédients, menait une vie d'enfer, pour empêcher une déclaration de faillite (Zola, Bonh. dames,1883, p. 750).Vivre d'expédients :
2. L'impôt seul pouvait remplir le trésor et moins que jamais les Français étaient d'humeur à payer des impôts tandis qu'ils se plaignaient des expédients financiers auxquels la couronne était réduite. Bainville, Hist. Fr.,t. 1, 1924, p. 96.
Prononc. et Orth. : [εkspedjɑ ̃]. Cf. é-1. Ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. a) Fin xives. subst. sing. « avantage » (Oresme cité ds Meunier, Oresme, p. 177); b) 1673 subst. masc. plur. (Molière, Malade imaginaire, I, 7). Substantivation de expédient1*. Fréq. abs. littér. : 182 Bbg. Ritter (E.). Les Quatre dict. fr. B. de l'Inst. nat. genevois. 1905, t. 36, p. 420.