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EMPYRÉE, subst. masc.
A.− Espace céleste considéré sous différents angles.
1. (Ciel) empyrée
a) ASTRON. ANC. Sphère céleste la plus élevée, contenant l'élément igné (cf. ciel ex. 6).
b) RELIGIONS
MYTHOL. Séjour des divinités célestes. Le sphinx (...) ressemblant (...) à quelque divinité précipitée sur terre des hauteurs de l'empyrée (Du Camp, Nil,1854, p. 64).
RELIG. CHRÉT. Séjour de Dieu, des bienheureux. De sa prison ton âme libérée, Alla fleurir dans l'Empyrée (Ponchon, Muse cabaret,1920, p. 7).
2. Poét., littér. Espace infini contenant les astres; plus particulièrement voûte céleste visible d'un point quelconque de la terre, limitée par l'horizon. L'empyrée en tous sens par mille feux rayé (Hugo, Légende,t. 4, 1877, p. 716).
B.− Au fig. Ces gens-là s'élèvent à des hauteurs considérables dans l'empyrée de la sottise et du mauvais goût (T'Serstevens, Itinér. esp.,1963, p. 36):
Il y avait un mot [de ma mère] (...) qui nous paralysait ma sœur et moi : « C'est ridicule! » (...); dirigé contre nous, il nous précipitait de l'empyrée familial dans les bas-fonds où croupissait le reste du genre humain. Beauvoir, Mémoires d'une jeune fille rangée,1958, p. 33.
Spéc. Monde imaginaire, lieu de délices. Cette réflexion niaise (...) le faisoit retomber de l'empyrée sur la terre (Nodier, Jean-François,1832, p. 7).
Rem. 1. Ce subst. peut être employé comme adj., en partic. dans l'expr. ciel empyrée (cf. A 1) où il pourrait être considéré comme une appos. Néanmoins, qq. aut. l'emploient avec d'autres subst. masc. ou fém. et l'accordent au plur., au sens de « relatif à l'empyrée, céleste, divin ». Postérité du ciel, Trônes empyrées (Chateaubr., Paradis perdu, 1836, p. 107). Mercure se levait sur les collines empyrées (Maurras, Chemin Paradis, 1894, p. 176). 2. On rencontre ce subst. employé au plur. chez Hugo et Huysmans (cf. p. ex. Hugo, Légende, t. 4, 1877, p. 834). 3. On rencontre ds la docum. l'adj. masc. empyréen. Relatif à l'empyrée. Soleil empyréen (Claudel, Repos du 7ejour, 1901, p. 833).
Prononc. et Orth. : [ɑ ̃piʀe]. Ds Ac. 1694-1932. On rencontre ds la docum. la var. empirée (L. de Fontanes, Œuvres, À une jeune anglaise, 1821, p. 49; Musset, Le Temps, 1831, p. 43; Quinet, Ahasvérus, 1833, prol., p. 62; Du Bos, Journal, 1922, p. 131). Étymol. et Hist. Fin xives. cieulx. empirees (Bible, B.N. 159, fo3 rods Gdf. Compl.); 1611 subst. empyré « région supérieure du ciel » (Cotgr.). Empr. au lat. chrét.empyrius « embrasé, de feu » (en parlant des régions supérieures du ciel, St Augustin ds Blaise), lui-même empr. au gr. ε ̓ μ π υ ́ ρ ι ο ς « id. », dér. de π υ ̃ ρ « feu ». Fréq. abs. littér. : 77.