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DÉVERGONDAGE, subst. masc.
A.− Domaine des mœurs.Conduite licencieuse et libertine. Synon. débauche, dépravation.Au commencement du dévergondage d'une femme, il y a, à peu près toujours, une scélératesse d'homme! (Péladan, Vice supr.,1884, p. 71).Je n'aime dans l'amour que le dévergondage (Léautaud, Journal littér.,1, 1893-1906, p. 142):
1. On devine les affres que traverse la jeune princesse [de Clèves] dans ce pavillon aux fenêtres ouvertes. Elle s'enivre d'un portrait (...) Elle est surprise par le responsable de l'ivresse qui la submerge, morte de honte comme si le pire dévergondage avait eu lieu. Cocteau, Poésie critique 1,1959, p. 270.
B.−
1. P. ext. Écart par rapport à la norme morale et/ ou sociale. Il réfléchissait avec une affliction sincère au dévergondage de la jeunesse, au relâchement des mœurs (Martin du G., Thib.,Belle sais., 1923, p. 1015):
2. Bonne éducation qu'il ne faut pas prendre trop au pied de la lettre d'ailleurs, plusieurs de ces dames versant très vite dans le dévergondage des mœurs sans perdre jamais la correction presque enfantine des manières. Proust, Le Côté de Guermantes 1,1920, p. 251.
2. P. métaph.
a) Domaine de la théorie, de la pensée.Développement excessif et dévoyé. Dévergondage de l'esprit, de l'imagination. Synon. excentricité.Papa (...) s'était livré au pire dévergondage patriotique (Drieu La Roch., Rêv. bourg.,1939, p. 329).Monstrueux dévergondage de la théorie pastorienne! (J. Rostand, Genèse vie,1943, p. 122).
b) Écart extrême par rapport à la norme, fantaisie débridée. Synon. débauche.Un dévergondage de dentelles et de clochetons (Reybaud, J. Paturot,1842, p. 241).Ils revinrent au soleil, dans le dévergondage des plates-bandes et des corbeilles (Zola, Faute Abbé Mouret,1875, p. 1347).La discussion d'une équation du second degré (...) me fournit la matière d'un étrange dévergondage hyperbolique et parabolique, entre les axes des coordonnées (Arnoux, Écoute,1923, p. 140).
Prononc. et Orth. : [devε ʀgɔ ̃da:ʒ]. Ds Ac. 1835-1932. Étymol. et Hist. 1. [Av. 1801 « conduite relâchée » (Restif, s. réf. ds S. Mercier, Néol.)]; 1792 (Linguet, Ann. polit. et littér. XIX, 49 ds DG); 2. 1825 fig. « excès, fantaisie » (Stendhal, Racine et Shakespeare, t. 2, p. 72 : Prodigieux dévergondage d'esprit). Dér. du rad. de dévergonder*; suff. -age*. Fréq. abs. littér. : 53. Bbg. Gohin 1903, p. 237.