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DÉTROUSSER, verbe trans.
A.− Vx. Défaire, détacher (ce qui était troussé) de manière à (le) laisser retomber. Détrousser une robe (Ac. 1798-1878). Pronom. Elle se détroussa avant d'entrer dans le salon (Ac.1798-1878).
Au fig. et p. plaisant. En robe détroussée. En grande pompe.
P. ext. Détrousser une malle, un paquet. Déballer, décharger ce qui s'y trouve empaqueté (d'apr. DG).
B.− Vx ou p. plaisant.
1. [Le compl. d'obj. dir. désigne une ou plusieurs pers. en déplacement, un moyen de transport] Dépouiller de son argent, de ses bagages, sur la voie publique et par la violence. Détrousser les passants, des caravanes, des diligences. Synon. dévaliser.[Les voleurs] (...) ne résisteraient pas à la tentation de détrousser un voyageur isolé (Gautier, Tra los montes,1843, p. 19).En arrivant à Paris, Armand s'était fait détrousser de ses papiers (Aragon, Beaux quart.,1936, p. 386):
1. À cette époque de troubles et de guerres intestines, il était rare qu'on osât s'aventurer hors des villes, et, si quelque affaire vous y forçait, ce n'était que bien armé ou même avec une escorte, tant était grande la crainte des bandouliers et des hommes d'armes en déroute qui infestaient les campagnes, employant leurs loisirs à détrousser et rançonner les voyageurs. Balzac, Œuvres diverses,t. 2, 1830-35, p. 333.
Emploi abs. On détrousse maintenant plus que jamais sur les chemins (Balzac, Comédiens,1846, p. 354).
2. P. ext.
a) Dépouiller par fourberie (une personne, une institution, etc.) de ses biens, de ses richesses. Synon. escroquer, piller.Les malandrins qui détroussent son Église (Vogüé, Morts,1899, p. 391).
Emploi pronom. réfl. Se dépouiller. Comme des détrousseurs de cadavres ils [les saints Innocents] se sont détroussés eux-mêmes et ce qu'ils ont ramassé dans la bagarre ce n'est pas moins Que le royaume des cieux et la vie éternelle (Péguy, Myst. Sts Innoc.,1912, p. 226).
b) P. métaph. ou au fig. S'approprier frauduleusement (quelque chose); voler (quelqu'un ou quelque chose). Cependant les gens de cœur écorniflaient les belles affaires et les détroussaient au coin des ministères comme jadis leurs ancêtres faisaient cracher aux Juifs et aux marchands leurs écus quand ils passaient sur la Seigneurie (Balzac, Œuvres diverses,t. 2, 1830-35, p. 669).C'était une famille [celle des Rougon] de bandits à l'affût, prêts à détrousser les événements (Zola, Fortune Rougon,1871, p. 72):
2. [Le délégué de Haïti :] (...) Traqué par les limiers assoiffés de sang de l'oligarchie financière, par les seigneurs féodaux des compagnies à charte, détroussé sur les grands chemins de l'impérialisme, le prolétariat noir attend le soleil de la délivrance. Morand, Magie noire,1930, p. 120.
− Dans le domaine des arts et des lettres.Synon. plagier.Ingres, dont il [Chassériau] est élève, et Delacroix qu'il cherche à détrousser (Baudel., Curios. esthét.,1867, p. 29).C'est un homme de génie. Actuellement on le raille, mais chacun le détrousse, le pille et l'utilise (L. Daudet, Morticoles,1894, p. 57).
Emploi pronom. réciproque. Se voler, se piller. Nos assemblées soi-disant littéraires, nos papotages, nos querelles, toutes les cocasseries d'un monde excentrique, fumier d'encre, enfer sans grandeur, où l'on s'égorge, où l'on se détrousse (A. Daudet, Lettres moulin,1869, p. 142).
Prononc. et Orth. : [detʀuse], (je) détrousse [detʀus]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1119 destrusser « dépouiller quelqu'un avec violence » (Ph. de Thaon, Comput, 1169 ds T.-L.). Dér. de trousser* « mettre en paquet », préf. dé-*, destrosser étant surtout attesté en a. fr. au sens de « défaire ce qui est en paquet; décharger » (1135, Couronnement Louis, éd. E. Langlois, 1348 − 1611 Cotgr.). Fréq. abs. littér. : 37.