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DÉGRADÉ, ÉE, part. passé et adj.
I.− Part. passé de dégrader1*.
II.− Emploi adj.
A.− [En parlant d'un militaire] Qui a été destitué d'une manière infamante de son grade et exclu de l'armée. Un officier dégradé (A. Daudet, Rois en exil,1879, p. 329).
Emploi subst., rare. Des ministres écrivirent à Bazaine, (...) des ministres l'appelèrent « M. le maréchal », lui, le dégradé, et (...) il fut question de le pensionner (Clemenceau, Iniquité,1899, p. 211).
B.− Au fig. Dont la valeur morale a diminué. On n'arrache jamais par des lois réprimantes qu'une obéissance trompeuse et dégradée (Le Moniteur,t. 2, 1789, p. 357).Le prince d'Axel, (...) cette Altesse dégradée, ce sinistre viveur (A. Daudet, Rois en exil,1879p. 103):
... parmi tous les hommes avilis de la nation dégradée qui se soumet au joug honteux de la tyrannie, l'être le plus méprisable est celui qui s'enorgueillit de gouverner un tel peuple. Genlis, Les Chevaliers du Cygne,t. 1, 1795, p. 299.
Emploi subst., rare. Voilà des serfs et des maîtres; voilà des êtres bien nés et des dégradés (Barrès, Amit. fr.,1903, p. 3).
C.− P. ext. Qui a été mis en mauvais état, qui a été endommagé. Genestas entrevit une douzaine de chaumières abandonnées, sans fenêtres ni portes; leurs toitures dégradées laissaient voir d'assez fortes trouées (Balzac, Méd. camp.,1833, p. 18).La route était fort dégradée, avec des ornières pleines d'eau (Nerval, Filles feu,Angélique, 1854, p. 578).
Prononc. et Orth. : [degʀade]. Ds Ac. 1694-1878.